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18 septembre

« Le travail indépendant : une alternative au salariat ?” Communication de M. Bernard Martinot, économiste spécialiste du marché du travail et directeur général adjoint des services de la région Ile-de-France. En savoir plus : www.asmp.fr.

Le Soir en ligne

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Premier quotidien bruxellois
Mercredi 13 décembre 2006, Victor Alexandre, journaliste au premier quotidien bruxellois Le Soir, publiait, sur Internet, un dossier consacré au podcasting culturel. Voici les questions posées à Monsieur Cluzel, Président de Canal Académie.

Le SOIR EN LIGNE : Pourquoi vous être investi dans Canal Académie ?
Jean Cluzel : Tout simplement parce que c’était indispensable. Avec l’arrivée de la télévision, ont rapidement disparu des médias la pensée et le débat d’idée. La télévision, au mieux, résume la pensée. Elle privilégie l’instantané. Or, la pensée, pour être comprise, nécessite un long exposé. Selon moi, s’il est vrai que l’humanité ne peut pas vivre sans nourriture, il est tout aussi vrai que l’humanité ne peut pas vivre sans la pensée.

Le SEL : Quelles sont les qualités qui ont fait que l’on vous a choisi pour ce poste ?
J.C. : On ne m’a pas choisi. Je fais partie de la génération qui a vécu la guerre. A l’époque, on ne vous disait pas « fais ceci, fais cela ». Chacun disait « je m’engage ». Personnellement, je me suis toujours engagé. J’ai été président du conseil général de l’Allier, sénateur pendant de nombreuses années. J’ai été rapporteur au Sénat du budget de l’information ainsi que de la loi sur la réforme de l’audiovisuel. Sans être un professionnel de l’audiovisuel, disons que j’en suis un analyste.

En arrivant, en 1991, à l’Académie des sciences morales et politiques, je me suis rendu compte que la revue qu’elle publiait ne comptait que quatre cents lecteurs. J’ai donc proposé à mes confrères la création d’une radio sur internet. J’ai reçu l’appui de M. Pierre Messmer, chancelier honoraire de l’Institut de France, ajoutant que puisque je prenais cette initiative, je devais la mettre en œuvre et en être le responsable.

En France, l’ascenseur social ne fonctionne plus. Le nombre de personnes qui quittent le système scolaire sans diplôme est plus qu’alarmant. L’éducation et l’information se devant de marcher main dans la main, j’ai demandé audience à Monsieur Gilles de Robien, ministre de l’Education, en l’informant de notre projet et de notre volonté de pallier cette situation. Il m’a répondu « Faites-en bénéficier les banlieues », ce que nous avons fait. Dernièrement, j’ai reçu à l’Institut quatre jeunes français d’origine lointaine vivant en banlieue et auditeurs de Canal Académie.

Le SEL : Comment expliquez-vous le succès impressionnant de Canal Académie (75000 visites en octobre) ?
J.C. :Il n’y a pas de recette miracle. Nous avons tout simplement travaillé pour que cela réussisse. Nous avons une équipe qui travaille, en se relayant, dix heures par jour et trois cents soixante-cinq jours par an pour faire connaître les travaux des cinq Académies qui composent l’Institut de France. Pourtant, plus encore à Paris qu’en province, on a tendance à mépriser l’Institut. Pour ne vous citer qu’un exemple, nous avons fait une série de travaux mis en ligne à l’intention des personnes à l’étranger qui veulent apprendre le français. Nous sommes allés au Quai d’Orsay (siège du Ministère des Affaires Etrangères) pour leur en parler et on nous a clairement fait comprendre que l’Institut était vieillot et que cette initiative était vouée à l’échec.

Le SEL : Quelle est la place de Canal Académie au sein des Académies ? Quelle place les académiciens donnent-ils à cette radio ?
J.C. : C’est une place discrète pour l’instant. Les Académies vivent, pour certaines, depuis quatre siècles et il ne faut pas brusquer ces institutions. Je suis parfaitement sérieux à ce sujet. Quand des institutions traversent tellement d’événements dans l’histoire d’un pays, il faut être humble et prouver la nécessité d’une initiative.

Il n’y a aucune institutionnalisation de Canal Académie. Nos finances, notre personnel, tout est indépendant de l’Institut. Il existe quatre cents trente-quatre académiciens répartis dans les cinq Académies. Ce sont tous des intellectuels. Pour qu’ils nous fassent confiance, il nous faut faire nos preuves.

Le SEL : Comment les sujets des interventions ainsi que les journalistes présents sur Canal Académie sont-ils choisis ?
J.C. : La ligne éditoriale qui guide les programmes de Canal Académie est claire et peut se résumer en trois points. Faire découvrir les académiciens, actuels ou anciens, mettre en valeur leurs travaux et leurs points de vue et répondre à la mission de transmission des savoirs confiée à l’Institut de France et aux cinq académies qui le composent. Les émissions sont donc faites soit avec des académiciens actuels ou au sujet d’académiciens du passé, soit avec des invités et intervenants dont les disciplines sont en lien avec les centres d’intérêt des académies.

Les journalistes qui travaillent avec nous sont choisis au feeling. Nous sommes trois générations à travailler ensemble : les anciens, dont je fais partie, la direction, plus jeune d’une trentaine d’années et tous les autres, qui ont entre vingt et trente ans. Il n’y a pas chez eux de parcours professionnel type. Il y en aura peut-être dans cinquante ans quand Canal Académie sera ankylosé (rires), mais pour l’instant, c’est le désir de participer à cette aventure qui fait la différence. On pourrait parler ici de militantisme, pour eux comme pour les nombreux bénévoles qui nous permettent de faire fonctionner cette radio en ligne.

Le SEL : Quels sont les projets de Canal Académie pour les années à venir ?
J.C. : L’objectif à long terme est clair : mettre en ligne tous les travaux que l’Institut produit. Cela représente une masse immense mais c’est un objectif qui va de pair avec celui de faire connaître la culture française à travers le monde. Les deux milliards d’enfants qui vont naître à relativement court terme naîtront dans leur immense majorité dans des pays émergents et n’auront pas les moyens d’accéder à l’éducation. Canal Académie permet de proposer une aide totalement désintéressée aux générations à venir. C’est bien d’avoir quatre mille internautes par jour, mais ce qu’il faudrait, c’est un million par jour. Ca, ce serait formidable, et telle est notre ambition.

Retrouvez cette interview et l’intégralité du dossier de Victor Alexandre consacré au podcasting sur le site Internet du journal Le Soir