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Christian de Boissieu : La France prépare mal l’avenir de sa jeunesse (4/5)

Le livre-événement des Académiciens sur l’avenir français
Quel pacte « invisible » semble se dessiner entre les générations d’aujourd’hui, au regard des difficultés des jeunes à conquérir leur indépendance par rapport à leurs aînés ? Voici l’éclairage de Christian de Boissieu, président du Conseil d’Analyse Economique, l’un des huit auteurs de l’ouvrage, sur l’apparition de ce déséquilibre récent.


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Émission proposée par : Marianne Durand-Lacaze
Adresse de cet article :
Date de mise en ligne : 18 février 2007


Christian de Boissieu, président délégué du Conseil d'analyse économique (CAE).
Christian de Boissieu, président délégué du Conseil d’analyse économique (CAE).

Entre 22 et 25 ans, près de la moitié des jeunes, en France, vit chez ses parents. Ils sont 15% au Danemark et 85% en Italie, à vivre sous le toit familial. Depuis peu, l’accession à la propriété et la location de logement ne sont pas facilités du fait des difficultés d’emploi des jeunes. Il en résulte un renversement des obligations mutuelles au sein des familles. Les auteurs parlent « d’un modèle d’indépendance sous contrôle familial », à propos de la situation française. Les jeunes Français sont surtout mal classés en termes d’indépendance des revenus, comparés à leurs jeunes voisins européens. La France consacre 0,1% de son PIB à l’aide financière aux étudiants. Seulement, un cinquième d’entre eux bénéficient de bourses d’études. L’aide aux jeunes, en France, a pris la forme d’un soutien aux familles et non aux individus par la politique d’allègement fiscal. De plus, les étudiants issus de milieux défavorisés dont les familles ne peuvent pas payer l’impôt sur le revenu, en sont exclus. La dépendance des jeunes s’est accrue pour tous.

Que transférons-nous à nos descendants en ayant recours à une gestion des finances publiques fondée en grande partie sur la dette et sur un système de retraites par répartition ? « La Charge de la dette de l’Etat représente dans son budget 2005, près de 40 milliards d’Euros, soit l’équivalent de la somme des budgets de l’agriculture, des Affaires étrangères, de l’audiovisuel, de la culture et de la communication, de l’intérieur, de la justice et de l’enseignement supérieur ». Si la question des réformes de fond s’impose, comment dépasser les visions à court terme ?

Face à cette dépendance plus grande des jeunes vis-à-vis de leurs aînés, Christian de Boissieu, engage à recréer des solidarités, à lutter contre ces inégalités, à améliorer les politiques et la gestion des finances publiques. La dette empêche, selon les auteurs, le financement de l’économie de la connaissance et l’investissement dans la recherche. Le risque de décrochage pour la France, dans le cadre de la mondialisation, est réel. Notre système de recherche, comparé aux pays de l’OCDE, est jugé insuffisant et inefficace.

Pour en savoir plus

- Sur Christian de Boissieu
- Sur le CAE, le Conseil d’Analyse Economique présidé par Christian de Boisieu,
- Sur les références de l’ouvrage : Académie des Sciences morales et politiques, La France prépare mal l’avenir de sa jeunesse, Editions du Seuil, janvier 2007,
- Sur le CEPREMAP, le Centre pour la recherche économique et ses applications,
- CEPREMAP, Une jeunesse difficile, Portrait économique et social de la jeunesse française, Editions rue d’Ulm, janvier 2007.






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