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Hélène Carrère d’Encausse, la Commission du Dictionnaire et la Commission des archives et des bibliothèques

Entretien avec le secrétaire perpétuel de l’Académie française, et avec Mireille Pastoureau, conservateur général et directeur de la Bibliothèque de l’Institut
Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuel de l’Académie française, préside la Commission de la langue française. Elle en explique ici le fonctionnement. Elle entre aussi en dialogue avec Mireille Pastoureau, conservateur général et directeur de la bibliothèque de l’Institut, concernant la commission des archives et des bibliothèques.


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Émission proposée par : Hélène Renard
Référence : pag087
Adresse directe du fichier MP3 : http://www.canalacademie.com/emissions/pag087.mp3
Adresse de cet article :
Date de mise en ligne : 14 mars 2006

Secrétaire perpétuel de l’Académie française, Hélène Carrère d’Encausse explique ici le rôle et le travail de la Commission du Dictionnaire de la langue française qu’elle préside.

Le Dictionnaire s’élabore au sein de la séance hebdomadaire de l’Académie mais, en plus, il existe une commission du Dictionnaire qui siège tous les jeudis matins (8-9 personnes).

L’Académie en séance et la Commission du Dictionnaire travaillaient traditionnellement sur un même volume en cours, ce qui en expliquait la lenteur. Hélène Carrère d’Encausse a préféré renouer avec une ancienne tradition (de la fin du règne de Louis XIV) en dédoublant le travail : ainsi pour la 9ème édition, qui a vu paraître les deux premiers tomes, la Commission travaille sur le troisième tome, tandis que l’Académie en séance plénière travaille sur le quatrième tome. Cette méthode parallèle accélère le travail.

Mais l’Académie a désormais en matière de dictionnaire un rôle nouveau sur lequel insiste notre invitée : la révolution scientifique et technologique, très rapide, fait apparaître un vocabulaire nouveau. L’Etat a donc instauré dans chaque ministère concerné une commission de terminologie, (il en existe 20 et une commission générale) et, au final, l’Académie a le dernier mot. Elle retrouve ainsi son magistère autoritaire identique à celui que lui avaient donné les Rois de France. "La vieille Dame du Quai Conti, c’est la jeunesse du vocabulaire de demain, dit Hélène Carrère d’Encausse, si nous ne sommes pas d’accord avec les propositions des Commissions, celles-ci doivent recommencer leur travail. Personne ne peut passer par dessus notre avis. Et cette place dans l’adaptation, la francisation, du vocabulaire des progrès accomplis, c’est une place considérable."

Cet examen des terminologies ne saurait se traiter en séance, c’est donc la Commission du Dictionnaire et les services du Dictionnaire (qui se composent de nombreux agrégés) qui, en équipe, préparent le travail des académiciens. Ce travail d’examen de la terminologie permet de faire avancer le travail sur le Dictionnaire. "L’an dernier, nous avons eu plus de 400 termes, compliqués, sans compter la "navette" des termes reconsidérés, à examiner".

Tous les termes, élaborés dans les commissions des ministères, sont alors soumis à la Commission générale de terminologie et de néologie qui, elle, les envoie à la Commission du Dictionnaire. Les décisions de l’Académie française ont valeur normative. L’Académie a pour rôle de réfléchir à la formation d’un terme, s’il est acceptable, s’il a des chances de s’implanter, la définition que l’on en donne. Les spécialistes préparent des explications sur des termes techniques particulièrement compliqués à comprendre de façon à ce que les Académiciens choisissent la meilleure définition possible. "L’Académie a trouvé là une nouvelle jeunesse" conclut le Secrétaire perpétuel.

Hélène Carrère d’Encausse préside également la Commission des archives et des bibliothèques, avec "beaucoup de plaisir " confie-t-elle, et elle s’entretient, à ce sujet, avec Mireille Pastoureau sur les "fonds" de la Bibliothèque de l’Institut (qui est la bibliothèque "privée" des académiciens). Toutes les questions qui se posent sont donc examinées par la Commission des bibliothèques.

A son tour, Mireille Pastoureau évoque quelques uns des "trésors" de cette bibliothèque, ainsi que les donateurs et surtout donatrices (veuves et filles d’académiciens) qui, par leurs dons, alimentent la richesse des fonds. Par exemple la fille de Condorcet a fait don des papiers de son père qui détenait ceux de d’Alembert.

Ces fonds, et notamment celui du vicomte de Lovenjoul, conservent notamment des lettres manuscrites de George Sand et des poèmes d’Anna de Noailles, notamment celles que lui a adressées Maurice Barrès. Quant à Marie de Regnier, fille de José-Maria de Heredia, a légué d’importants papiers à la bibliothèque de l’Institut. Les fonds comportent également d’importants imprimés, des éditions originales, des ouvrages scientifiques...

A propos d’Hélène Carrère d’Encausse

Hélène Carrère d'Encausse, Secrétaire Perpétuel de l'Académie française
Hélène Carrère d’Encausse, Secrétaire Perpétuel de l’Académie française

Elue en 1990 au fauteuil 14 précédemment occupé par Jean Mistler, Hélène Carrère d’Encausse est historien et Secrétaire perpétuel de l’Académie française depuis le 21 octobre 1999.

Hélène Carrère d’Encausse évoque, pour terminer, les nombreux jurys et commissions (dont celle de la Francophonie) qui décernent les prix de l’Académie française qui récompensent chaque année des ouvrages et des auteurs méritants... Une centaine de prix sont ainsi décernés. L’Académie décerne aussi des prix pour un mécénat social (il existe une commission des oeuvres sociales).

Elle a reçu :
- le prix Aujourd’hui pour L’Empire éclaté en 1978,
- le prix Louise Weiss en 1987,
- le prix Comenius en 1992 pour l’ensemble de son œuvre
- et le prix des Ambassadeurs en 1997, pour Nicolas II.

- Elle est membre associé de l’Académie royale de Belgique.

Consulter sa fiche sur le site de l’Académie française :

A propos de Mireille Pastoureau

Mireille Pastoureau
Mireille Pastoureau
dans les locaux de Canal Académie

Mireille Pastoureau est Conservateur et Directeur de la bibliothèque de l’Institut de France (depuis 1993) ; elle est aussi membre du Comité des travaux historiques et scientifiques [1] (1984).

La Bibliothèque de l’Institut regroupe les bibliothèque des cinq Académies [2] qui composent l’Institut de France. Ses fonds, à caractère savant et patrimonial, tant imprimés que manuscrits, reflètent les intérêts et les activités des Académies au cours de leur histoire.

[1] Créé par Guizot en 1834, le CTHS a, dès son origine, publié les Documents inédits de l’Histoire de France. Il a la tutelle des sociétés savantes, il continue à publier, outre l’édition de textes, des ouvrages de recherche et d’enseignement universitaire. Il organise, depuis 1861, le congrès national des sociétés savantes, actuellement congrès des sociétés historiques et scientifiques. Il a pris son nom actuel en 1881.
Il est organisé en 9 sections disciplinaires. Par ses différentes fonctions, le CTHS est le lieu de rencontre de la recherche publique et de la recherche associative.

[2] Les cinq Académies qui composent l’Institut de France sont les suivantes :
- L’Académie française
- L’Académie des inscriptions et belles-lettres
- L’Académie des sciences
- L’Académie des beaux-arts
- L’Académie des sciences morales et politiques






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