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Santé, médecine, société. Regard du sociologue Jean Baechler

par Jean Baechler de l’Académie des sciences morales et politiques
Jean Baechler, membre de l’Académie des sciences morales et politiques a prononcé la dernière communication des séances de l’Académie pour l’année 2007. Reprenant le titre du thème de réflexion "Santé, médecine et société", cadre de toutes les séances hebdomadaires de l’Académie pour un an, choisi cette année là, par le président de l’Académie Lucien Israël pour 2007, Jean Baechler présenta en sociologue ce qu’il appelle son "programme d’enquête sur les variations intelligibles en matière de santé humaine". C’était le 17 décembre 2007, en séance, devant ses confrères de l’Académie.


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Émission proposée par : Marianne Durand-Lacaze
Référence : ES310
Adresse directe du fichier MP3 : http://www.canalacademie.com/emissions/es310.mp3
Adresse de cet article : http://www.canalacademie.com/ida2532-Sante-medecine-societe-Regard-du-sociologue-Jean-Baechler.html
Date de mise en ligne : 6 janvier 2008
Jean Baechler, membre de l'Académie des sciences morales et politiques, dans la section morale et sociologie, élu en 1999.
Jean Baechler, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, dans la section morale et sociologie, élu en 1999.

Jean Baechler se consacre à l’élaboration d’une somme anthropologique. A la recherche d’une théorie d’une science humaine complète, au carrefour de la philosophie, de la sociologie et de l’histoire, il se consacre à l’élaboration d’une théorie , du faire, de l’agir et du connaître et d’une théorie de la nature humaine.

Pour Jean Baechler, « la santé et la maladie ne relèvent pas seulement du règne du vivant et de la biologie, mais sont aussi des objets intégraux du règne humain et de l’anthropologie ».

Le vocable de « santé » peut faire apparaître des conceptions très différentes : un état de perfection, un idéal ou un état réel de non-maladie. La « médecine » serait la mise en œuvre des moyens pour prévenir ou guérir. Jean Baechler distingue la santé normale, la santé anormale, la maladie déclarée et la maladie mortelle. Les infirmités, les traumatismes, les infections, les dégénérescences peuvent plus ou moins affecter les dispositions et les dotations dont disposent les êtres humains. Ces dotations peuvent être conjointement ou distinctement biologiques, psychiques, anthropiques et culturelles. Parmi ces différentes dimensions, de quelle dimension, la médecine s’occupe-t-elle ?

Dans sa démarche scientifique de sociologue, Jean Baechler cerne les variations qui définissent plusieurs conceptions possibles de la médecine et des médecins. « Quels rapports la santé, la maladie et la médecine entretiennent-elles avec les ordres, les cultures et les stratifications sociales, qui permettent d’expliquer l’exploitation différentielle par les humains de la variabilité et des variations repérées ? ».

La bonne santé ou la moins mauvaise se rattache à la position qu’on occupe dans la stratification sociale dans les sociétés modernes comme dans les sociétés traditionnelles. Dans les sociétés modernes, la position sociale joue et exerce une influence sur l’état de santé, par l’accès aux savoirs, non pas aux savoirs spécialisés dans les questions de santé, mais aux conseils d’hygiène préventive et aux renseignements fiables en matière de cure.

Dans son intervention, Jean Baechler pose les limites du triomphe de la médecine scientifique face à la complexité du vivant de nature systémique. Même si l’humanité n’est qu’au début d’une mutation médicale induite par les sciences en matière de prothèses et de nanotechnologies, la science peut être à l’origine d’un développement de pratiques médicales moins rationnelles.

A partir de la théorie des ordres, qui définit la santé comme un ordre, Jean Baechler cherche à distinguer les interactions de quelques ordres les uns par rapport aux autres, entre par exemple, le politique, l’économique, le religieux et le démographique en matière de santé.

Pour en savoir plus

- Sur Jean Baechler de l’Académie des sciences morales et politiques
- Sur le texte de son intervention le 17 décembre 2007 à l’Académie des sciences morales et politiques.






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