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L’échappée, de Valentine Goby

Chronique sur les femmes écrivains, par Jean Mauduit

Une jeune Bretonne se lie d’amour avec un pianiste durant la Seconde guerre mondiale. Seulement, cet homme est allemand. Et elle subira longtemps les conséquences de cette "faute" : tonte, humiliations, et harcèlements sur sa fille Anne, née de la relation. C’est le dernier roman de Valentine Goby, L’Echappée.


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Extrait de la chronique de Jean Mauduit sur L'Echappée de Valentine Goby :

«C’est une de ces histoires minuscules, ramenées à l’échelle de l’individu, qui en marge de l’Histoire avec un grand H tissent la trame du destin des nations. On évoquerait Stendhal et la Chartreuse de Parme si la construction et l’écriture n’étaient aux antipodes. Bref, il s’agit d’une jeune fille, une jeune paysanne, Madeleine, qui durant la semaine travaille comme femme de chambre dans un hôtel de Rennes et chaque semaine revient à vélo passer le week-end dans son village, Ploërmel, perdu au fond de la brousse bretonne. Tout commence par une crevaison qui la conduit, regagnant l’hôtel un dimanche soir, à violer malgré elle le couvre-feu. Un officier allemand la sauve d’une arrestation. Il s’appelle Joseph Schimmer. Entre Madeleine et lui s’installe une passion singulière car tout entière fondée sur l’attraction des contraires. Elle est Française, en territoire français aux mains de l’ennemi. Il est de ces Allemands occupants que l’on hait. Elle a 15 ans, il est quadragénaire. Elle n’a qu’un tout petit passé, il a beaucoup vécu. C’est un pianiste de profession - un grand pianiste, de renommée internationale – qui malgré la guerre va de concert en concert alors qu’elle ne connaît même pas ses notes. Et cet amour impossible va naître, en dépit de tous les obstacles et sous la réprobation générale, à travers la musique dont Schimmer use comme d’un sortilège, et qui effectivement envoûte Madeleine ; tant est si bien que lorsqu’elle succombe, on ne sait pas trop si c’est à lui où à la musique qu’elle se donne. Il mourra sur le front de l’Est où il a été envoyé parce que ses doigts perclus de rhumatisme lui interdisaient de poursuivre sa carrière de pianiste aux armées ; mais il ne tombera pas sous les balles ou les obus soviétiques : il sera condamné à mort par ses propres compatriotes pour s’être tiré une balle dans la main afin de ne plus avoir à tenir un fusil...»

Jean Mauduit

Jean Mauduit est journaliste, écrivain, docteur ès lettres, ancien secrétaire général adjoint de(...)


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