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Définition de l’identité : la réconciliation entre philosophes et scientifiques

par Son Eminence Marcelo Sanchez Sorondo, chancelier des Académies pontificales des sciences et des sciences sociales

Les actions de l’être humain peuvent être observées de l’ « extérieur », objectivement avec les sciences positives, et en cela elles ont une forme de lecture commune avec les phénomènes naturels ; mais l’être humain a également la capacité de s’interpréter lui-même, comme l’observent aujourd’hui quelques philosophes. Il est donc indispensable pour expliquer l’identité de l’être humain, d’admettre une pluralité de points de vue et une multiplicité de niveaux de connaissance de sa réalité. Détails avec S. E. Marcelo Sanchez Sorondo.


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Les sciences humaines peuvent aujourd’hui constituer un lieu privilégié pour explorer la signification complexe de la réalité, mais surtout de l’homme lui-même dans son identité et son soi changeant. En agissant, chaque être humain devient responsable de ses actions et leur donne un sens. Ainsi, en revenant en arrière, il peut remonter de ses comportements manifestes à l’intention que ceux-ci expriment et au dernier noyau dont ils surgissent.

Les sciences neurologiques ont la tâche d’étudier la structure du système nerveux avec ses neurones et ses sinapsis, les sciences biologiques, la structure de la vie avec ses cellules et l’ADN, les sciences évolutives, l’origine de l’héritage modifié des espèces ; cependant le sens accompli de cette réalité se manifeste au sujet qui vit, perçoit, imagine, se souvient, pense et aime. Notre corps et son chef d’œuvre, le cerveau par sa position dans l’espace et sa persistance dans le temps peut être considéré comme « chose-objet » et comme quelque chose qui nous est propre et nous appartient, avec lequel nous avons une identité, un passé et une orientation dans le monde. Comme chose objet, notre corps et son cerveau occupe un espace et exige du temps pour développer son activité tandis qu’il change sa figure : il est soumis à toutes les aventures et aux incidents qui émanent de la nature, de la violence et de l’art (la mode, la médecine, la technologie…).

En revanche, en tant que présence agissante, le corps se déplace et se développe dans son identité par l’énergie et ses facultés propres qui avantagent le tout qu’est la personne, dont le moi ou le soi est la présence active totale et responsable comme un fonds puissant et actif. Ce soi n’est certainement pas corporel et il échappe à l’horizon direct des sciences positives, mais il incontestable que le corps et le cerveau lui appartiennent. Sans cette appartenance du corps à ce fonds fondateur de sa propre identité, la vie pour nous n’aurait pas beaucoup de sens et dans la pratique nous tomberions dans un nœud de contradictions.

L’essentiel est que la réflexion scientifique sur le fonctionnement du corps et du cerveau reste ouverte à la pensée philosophique et vice versa. Quant au reste, depuis l’antiquité le sujet de l’épistèmê, de la connaissance scientifique de la nature, était lié au précepte socratique(...)


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