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Les hormones de l’amour

A propos de l’ouvrage La biologie des passions de Jean-Didier Vincent

Le propre de l’amour est de faire cohabiter les élans de l’âme et les émois de la chair. Il exprime la présence de l’autre dans l’espace extracorporel. Loin de n’être que le « contact de deux épidermes » au confluent de deux espaces corporels solitaires, l’amour représente un état fusionnel dans lequel « la totalité de l’être se réalise ».


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L’état amoureux s’accompagne chez les deux partenaires d’une transformation du corps.
Les hormones sexuelles telles que les stéroïdes agissent directement sur le cerveau grâce à la présence de récepteurs dans les neurones. D’autres hormones comme la prolactine et la lulibérine, interviennent également dans la genèse de l’état amoureux. Mais des testicules ou des ovaires regorgeant de sécrétions ne suffisent pas à engendrer le désir sexuel. Le désir est universel et lié au bon fonctionnement, à l’intérieur du cerveau, de systèmes désirants dont la sexualité n’est qu’un des accomplissements.




Il semble en effet que l’essentiel se passe dans le cerveau.
Exemple avec deux lignées génétiques de cochons d’Inde, l’une appelée Casanova, l’autre Joseph : Après castration, les individus des deux souches se retrouvent à égalité pour l’impuissance sexuelle dont ils font preuve. Si, par la suite, on leur injecte une quantité massive de testostérone, identique pour les deux souches, les individus de la souche Casanova retrouvent un niveau de performance très supérieur à ceux de la souche Joseph. Le désir est donc dans la tête, pas dans les glandes génitales.

L’amour est un échange d’informations entre deux corps. Il exige la réciprocité, chaque espace extracorporel étant constitué des signaux émis par le corps de l’autre. Ces informations parviennent à l’odorat, à l’ouïe et à la vue. Les facteurs d’environnement, climat, température, lumière, alimentation, si importants chez certaines espèces, apparaissent négligeables chez l’homme, capable d’aimer en toutes saisons. Il n’en est pas de même des facteurs sociaux, les amoureux -bêtes et hommes- n’étant jamais seuls au monde.

Écoutez l’ensemble du résumé du chapitre « L’amour, le sexe et le pouvoir », tiré de l’ouvrage Les biologies des passions, de Jean-Didier Vincent publié en 1999 aux éditions Odile Jacob.


Neurobiologiste, Jean-Didier Vincent est membre de l’Académie des sciences depuis novembre 2003, dans la section Biologie humaine et sciences médicales.
Considéré comme un pionnier en neuroendocrinologie, il s’est engagé dans un travail de vulgarisation de ses recherches en publiant des ouvrages à(...)


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