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Itinérance 2017. Cette exposition présente, à l’Académie des beaux-arts, le travail des artistes de l’Académie de France à Madrid : Anaïs Boudot, Nathalie Bourdeux, Elise Eeraerts , Ana Maria Gomes Nino Laisné, Baktash Sarang, Giorgio Silvestrini, Keen Souhlal, Benjamin Testa, Marianne Wasowska, Alejandro Ramírez Ariza, Ernesto Casero. En savoir plus : www.academie-des-beaux-arts.fr.

Le Devoir.com

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Journée française des dictionnaires - Que le dictionnaire, ce compagnon indéfectible, soit à l’honneur !

Après la France et le Québec, l’Allemagne et l’Italie emboîtent le pas

Depuis sa première édition de 1993, la Journée française des dictionnaires a trouvé plusieurs adeptes hors des frontières de l’Hexagone. Pris par la passion, le Québec, l’Allemagne et l’Italie ont créé leur propre Journée. Il s’agit bien de passion, une passion portée au départ par quelques individus, mais dont l’invite rallie rapidement de nombreux disciples. Francophones, francophiles, amoureux du verbe et du mot, ils explorent avec effervescence et méticulosité la lexicologie et la lexicographie. Des experts et des étudiants férus partagent leur savoir, car la Journée des dictionnaires est également la rencontre des bâtisseurs de demain. Rencontre avec l’initiateur de cet événement devenu annuel.

Jean Pruvost est l’homme qui a initié la première Journée des dictionnaires. Outre l’enseignement, ce « professeur des universités » à l’Université Cergy-Pontoise, dont il est par ailleurs vice-président, dirige également le laboratoire Métadif consacré aux dictionnaires et à leur histoire. Vous l’aurez compris, il a organisé son univers autour de sa passion, les dictionnaires, une passion qu’il entend partager généreusement. « Rien ne me fait plus plaisir que de donner la parole à ceux qui bâtissent ainsi ces cathédrales ouvertes à tous que sont les dictionnaires. »

Deux cents personnes se présentent donc à cette première rencontre de 1993, qui se conclut sur un rendez-vous pour l’année suivante pour prendre une cadence annuelle. La Journée française des dictionnaires est désormais systématiquement intégrée dans la Semaine de la langue française et investit un amphithéâtre de 700 places. « Vous le voyez, les dictionnaires ont un formidable pouvoir attractif. Et chaque année, mes amis québécois sont là, une conférence au moins leur est réservée, parce que ce qu’ils apportent est extrêmement fort, qu’il s’agisse de Monique Cormier, Jean-Claude Boulanger, Claude Poirier, Aurélien Boivin, Louis Mercier, et bien d’autres amis. » La version de 2008 a été consacrée au thème « Dictionnaires et littérature ».

Ouverture sur le monde et la jeunesse

L’esprit d’ouverture qui régit l’organisation de cette journée a été propice à instaurer des manifestations similaires en divers lieux. Le dictionnaire possède un potentiel rassembleur immense. « Ce qui est fascinant dans cette histoire, en effet, c’est le bonheur qu’ont tous les chercheurs, tous les lexicographes et lexicologues à se rencontrer. Ils s’estiment, s’écoutent, travaillent ensemble et aiment à diffuser les connaissances. » Cette journée, où qu’elle ait lieu, rassemble des personnes qui font des livres sur les dictionnaires et des dictionnaires. La place accordée aux étudiants alimente à son tour cet élément fédérateur. « Ce qui est très important, c’est que systématiquement des étudiants sont associés à ces journées : les Journées des dictionnaires sont là pour préparer aussi l’avenir. »

Les diverses versions qui ont été organisées à ce jour varient selon chaque pays, du point de vue des thématiques retenues et des conférences. Toutefois, variété et complémentarité sont entrelacées. « Nous nous concertons et travaillons en parfaite amitié et transparence : c’est rare une harmonie pareille. Les dictionnaires entraînent à la bienveillance, sans doute parce que cela nécessite beaucoup de modestie, le sens du travail en équipe et de la patience. » Le lien d’amitié qui lie tous ces fervents experts les pousse, au-delà de leur indépendance, à défricher des voies complémentaires, car on ne peut oblitérer le fait que l’un des objectifs de ces journées consiste à faire progresser la réflexion et la recherche. « Ce sont de véritables pépinières d’idées et de projets. Et pour les jeunes, des occasions uniques de rencontrer leurs aînés, ces derniers ayant pour mission de les aider. »

Trois nouveaux joueurs

Le Canada, plus précisément le Québec, a été le premier à emboîter le pas à Jean Pruvost en lançant sa première édition, en octobre 2003. « C’est Monique Cormier qui a repris le flambeau pour le Québec, c’est à elle que revient l’initiative de la première Journée des dictionnaires hors de France, et ce, de manière magnifique. » Voici donc l’individu contaminé, la passionnée, sa « soeur québécoise » comme se plaît à l’appeler Jean Pruvost, qui a permis d’importer cette belle initiative dans ce Québec qu’il considère comme un haut lieu de réflexion sur la langue française. La troisième édition québécoise sera consacrée au thème « Les dictionnaires de la langue française — De la Nouvelle-France au Québec contemporain ». Élaborer un dictionnaire reflétant la réalité québécoise est une expérience qui suscite non seulement des questions, mais également des dilemmes et des tensions.

Du côté allemand, le flambeau a été repris par Michaela Heinz en juin 2004, à Klingenberg am Main, selon une formule basée sur deux jours. L’Institut de linguistique appliquée de l’université d’Erlangen réitère l’aventure, en organisant en juillet prochain, son second colloque international de lexicographie sous le thème général « Lexicographie et didactique ». Sous cette bannière seront visités divers chapitres, dont « apprendre à apprendre : l’apprentissage du dictionnaire, l’apprentissage des premiers mots », « les aspects didactiques de dictionnaires bilingues de différents types », « le dictionnaire comme remède contre l’insécurité linguistique »...

Puis, l’Italie est entrée dans la danse grâce à Giovanni Dotoli, poète, essayiste et professeur à l’Université de Bari, un homme engagé tel que le révèle l’article « Rencontre avec Giovanni Dotoli, un Italien passionné de poésie française », édité sur Canal Académie, la première radio académique francophone sur Internet : « Cet amoureux de la diversité souligne qu’il a l’impression que la France actuelle laisse en friche de véritables trésors, elle qui a pourtant permis au fil des siècles le dialogue entre l’âme et le corps, entre l’ordre et l’aventure, tandis que d’autres peuples ont choisi, eux, seulement l’ordre (l’Angleterre) ou l’aventure (l’Italie, l’Espagne). Pour lui, plus il y aura de chaires de francophonie, plus l’universalité du monde sera enseignée. »

Les Journées italiennes des dictionnaires de janvier 2007 étaient consacrées aux dictionnaires monolingues et bilingues, et réunissaient des experts situés entre la langue, la culture et la littérature sur l’introduction suivante : « Si l’écrivain est amateur de la langue, si la langue est un lieu culturel, le dictionnaire, monolingue ou bilingue, censé contenir tant les mots que les cultures, est un lieu où cette rencontre devient possible. »

Un succès indéniable

Chaque pays possède sa saveur locale. Ainsi, considère Jean Pruvost, en France, les Journées des dictionnaires, qui sont annuelles, prennent l’allure d’une réunion familiale où tous les passionnés sont invités. Au coeur de l’Europe, sa situation géographique en fait un point de ralliement. Quant au Québec, M. Pruvost se dit impressionné par sa version bisannuelle, qui s’illustre comme une grande manifestation à caractère national portée par l’engagement de toute la collectivité et de la presse. La version allemande consiste davantage en une manifestation d’un petit comité composé de spécialistes. Quant à l’Italie, plusieurs Journées des dictionnaires ponctuent une même année, d’une université à l’autre.

En fait, une constante se dégage de toutes ces initiatives : la réussite. Chaque Journée des dictionnaires s’achève sur l’annonce d’une nouvelle édition. Elles inscrivent leurs repères dans le temps et l’espace afin de permettre à tous les passionnés de patienter jusqu’au prochain rendez-vous !

Collaboratrice du Devoir

Estelle Zehler

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