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L’enfer de Nourissier et Mozart selon Giraudoux

la chronique Lecture et Relecture de Jacques Rigaud

La lecture de Jacques Rigaud porte sur l’ouvrage de François Nourissier Eau de feu et sa relecture sur la préface de Jean Giraudoux au livre Mozart d’Anette Kolb.


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François Nourissier a pris soin de nommer Eau de feu ce « roman » qui est en vérité le récit d'un drame intime vécu par lui. Même s'il nomme ses personnages « Burgonde » pour lui et « Reine » pour elle, nul ne s'y trompe, il s'agit bien de l'histoire du couple François-Cécile.
Cécile, qui était un peintre de talent, a sombré dans l'alcoolisme.
François a commencé à rédiger ce manuscrit bien avant le décès de Cécile. Il l'avait fait enfermer dans un coffre chez Gallimard où il est resté durant sept années. Un texte si cru, si cruel, qu'on se demande même s'il était opportun de le publier...
Si la lecture en est dure, le style la rend magique. L'auteur offre ici, en écrivain de race qu'il est, un hymne déchirant, désespéré, douloureux à l'amour. Il ne nous épargne rien de la détresse, des scènes violentes, des aveux, du déclin. Mais il s'attribue dans cette lente descente aux enfers une part de responsabilité.



Jamais sur cette « addiction » qu'est l'acool avec ses mélanges les plus effroyables, on n'aura écrit texte plus précis, plus poignant, avec une langue somptueuse, riche, tendre et dense à la fois, qui adopte tous les tons, du classique à la gouaille.



Relecture : Mozart par Giraudoux

L'un des plus jolis textes écrits sur Mozart est, aux yeux de Jacques Rrigaud, celui de la préface de Jean Giraudoux au livre d'Anette Kolb, publié chez Albin Michel en 1938.
Giraudoux rappelle combien Mozart était seul : seul lorsqu'il trouve sa mère morte, seul au cimetière...
Jamais musicien n'aura écrit une œuvre qui fût autant faite pour lui-même. Dans Mozart, tout est pour Mozart, écrit Giraudoux (ce qui n'est pas le cas pour Goethe par exemple).
Mozart n'a pas connu le doute et tant mieux, il n'aura pas trop souffert de la surdité de Salzbourg ni de celle de Vienne.
Et Giraudoux de se désoler que cette musique ait été confiée à une humanité si peu sûre...(...)


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