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L’armistice du 22 juin 1940 par Henri Amouroux

Un armistice controversé, raconté par Henri Amouroux, de l’Académie des sciences morales et politiques

Spécialiste incontesté de la Seconde Guerre mondiale, l’académicien Henri Amouroux est venu au micro de Canal Académie parler d’une sombre page de notre histoire : l’armistice signé le 22 juin 1940 à Rethondes par le IIIe Reich et le gouvernement du Maréchal Pétain.


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La débâcle de 1940, cette « étrange défaite » selon le titre du témoignage de Marc Bloch, plus grand désastre militaire de l’histoire de France, est par excellence un événement historique soumis aux jugements à l’emporte[ièce et aux analyses rapides. Et Henri Amouroux, l’un des plus grands spécialistes de la France pendant les Années noires, répète à l’envi que l’Histoire est complexe et que le manichéisme ne donne jamais de réponse valable. La question, pourtant, est inévitable : sur qui rejeter la faute de l’armistice ?

Selon Amouroux, la guerre était en fait perdue avant même d’avoir commencé. En cause, l’effet de surprise créé par la banalisation des alertes, les différences démographiques opposant une armée allemande beaucoup plus jeune, une préparation exécrable sur le plan industriel (les 40 heures du Front Populaire restent imposées dans les industries de guerre jusqu’à fin 1938 !) comme psychologique, avec ces maux français chroniques que sont la sous-estimation du danger et le mépris de l’adversaire. « Il faut toujours surestimer l’adversaire », martèle Amouroux.

L’académicien évoque aussi la lenteur des communications, en rappelant le gouffre technologique qui sépare nos deux époques en la matière : « La défaite, c’est quand le téléphone ne répond pas », dit-il.
La fureur du Blitzkrieg, avec ses 80 000 morts en six semaines de bataille (une boucherie proportionnellement au moins aussi intense que la Première Guerre mondiale) et ses 8 millions de personnes sur les routes, instille dans la population française un désarroi et un sentiment de fatalité sans bornes, qui facilitent l’accès au pouvoir du pro-armistice Philippe Pétain, « Vainqueur de Verdun » et homme providentiel indiscuté.

Il faudrait encore parler de l’incapacité des généraux français, du vide politique à la tête du gouvernement et du manque de soutien anglo-américain, sur lesquels on a tant glosé. Mais pour Henri Amouroux, si tous ces facteurs sont avérés, le mal vient de plus loin. Dès le Traité de Versailles en fait, avec ses promesses de misère et de chômage pour l’Allemagne weimarienne, l’hitlérisme est dans(...)


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