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1904 : l’Entente cordiale

Un coup de théâtre sur la scène diplomatique

Christophe Dickès interroge Gabriel de Broglie, auteur du ’’Concept de l’Entente cordiale’’ dans le numéro du mois de janvier 2004 de la Revue des Deux Mondes, consacré à l’alliance franco-britannique.


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1904: Un coup de théâtre sur la scène diplomatique.

Le rapprochement franco-anglais a toutes les apparences d’un coup de théâtre sur la scène diplomatique : le souvenir de l’incident de Fachoda (1898) et d’une guerre évitée de justesse est encore proche, comme celui de la guerre des Boers qui, de 1899 à 1901 a donné à l’anglophobie une nouvelle occasion de se déployer dans l’opinion française. L’entente résulte d’un choix politique : appelé au Quai d’Orsay en 1898, Théophile Delcassé rompt avec les orientations de son prédécesseur Hanotaux, qui s’était tourné vers l’Allemagne pour soutenir sa lutte contre l’impérialisme britannique concurrent de la France en Afrique et en Asie.

Le nouveau ministre des Affaires étrangères fait le choix d’un rapprochement avec la couronne britannique et porte à son terme un processus engagé sous la Monarchie de Juillet (Louis Philippe, dans son discours du Trône de 1843, évoquait déjà une « cordiale entente » entre les deux pays). Delcassé trouve un agent tout acquis à sa cause en Paul Cambon, son ambassadeur à Londres, admirateur des institutions anglaises, et des interlocuteurs de bonne volonté à la cour britannique : son homologue, Lord Lansdowne, et le roi Édouard VII. La visite d’État du souverain à Paris en 1903 est pour beaucoup dans le climat naissant de franche cordialité. « Je vous assure que je me retrouve parmi vous avec le plus grand plaisir, car je m’y sens toujours comme si j’étais chez moi » : la déclaration royale reprise dans sa spontanéité par la presse, fera mouche dans l’opinion française. Les conditions sont donc en place pour un heureux dénouement des négociations : les accords signés à Londres en avril 1904 par Paul Cambon et Lord Lansdowne permettent de régler par le compromis le contentieux colonial (partage des zones d’influences en Afrique et en Asie, échange de la tutelle anglaise sur l’Egypte contre la prépondérance française au Maroc) et les litiges relatifs à la pêche dans les eaux territoriales de Terre-Neuve. Ces accords mettent en évidence la communauté de valeurs et d’intérêts qui lient les deux pays et posent les premiers jalons d’une alliance à laquelle la première guerre mondiale donnera sa consistance.(...)


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