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Les armistices de juin 1940

Conférence de Vincent Giraudier, responsable de l’historial Charles de Gaulle

Vincent Giraudier aborde l’un des sujets les plus controversés de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale : l’armistice ou plutôt les armistices de juin 1940. Le musée de l’Armée, à Paris, avait en effet organisé, en partenariat avec l’Université permanente de la ville de Paris, un cycle de conférences autour des suspensions d’armes ou armistices les plus importants de l’histoire moderne ou contemporaine de la France, à l’occasion du 90e anniversaire de l’armistice du 11 novembre 1918. Canal Académie a enregistré l’essentiel de ces conférences.


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Dissenssions gouvernementales

Le 12 juin 1940, alors que le gouvernement a quitté Paris depuis deux jours, le général Weygand, commandant en chef, réclame pour la première fois, en plein conseil des ministres, un armistice. Pour lui, la guerre est définitivement perdue. Paul Reynaud, président du Conseil, s’y oppose catégoriquement en vertu, entre autres, d’un accord signé le 28 mars avec le Royaume-Uni, interdisant toute négociation séparée avec l’ennemi.

Le 12 juin, Weygand est seul. Le 13, lors d’un conseil suprême interallié, Weygand s’oppose à nouveau à Reynaud mais, cette fois-ci, il est soutenu par le maréchal Pétain, appelé à la vice[résidence du Conseil par Reynaud un mois auparavant. Pétain, persuadé que la défaite est irrémédiable, renforce la position de Weygand et déclenche le ralliement de plusieurs ministres. Trois jours plus tard, alors que le gouvernement s’est replié sur Bordeaux, le ministre de la Marine Darlan, le maire de Bordeaux Marquet et Pierre Laval basculent du côté de l’armistice. Lors du conseil des ministres suivant, Chautemps propose de demander à l’Allemagne non pas l’armistice mais les « conditions » d’un armistice. Il s’agit tout simplement d’une manière détournée de s’engager dans la voie de l’armistice. De son côté, Paul Reynaud reste ferme. Le 16 juin au matin, Pétain menace de démissionner si l’armistice n’est pas demandé dans la journée. Au conseil des ministres de l’après-midi, Reynaud a l’impression que la majorité des ministres est contre lui. Il suspend la séance sans qu’un vote n’intervienne, si bien qu’on ne saura jamais de quel côté penchait la majorité ! Dans la soirée, il porte, sans en prévenir ses ministres, la démission de son gouvernement au président Albert Lebrun.

Pétain est aussitôt appelé à la présidence du Conseil. Son premier acte est de demander aux gouvernements allemand et italien les(...)


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