Le Club

Découvrez le club Canal Académie et créez votre compte dès maintenant pour profiter des avantages, des exclusivités, des services...

Découvrir le Club

18 août 1847 : l’assassinat de la duchesse de Choiseul-Praslin

Retour sur un scandale qui précipita la chute de la Monarchie de Juillet, avec l’historienne Anne Martin-Fugier

Le 18 août 1847, la duchesse Fanny de Choiseul-Praslin fut sauvagement assassinée. Le coupable était son mari. L’institutrice des enfants, Mlle Deluzy, supposée maîtresse du duc, fut arrêtée comme complice. Qui était la duchesse Fanny ? Comment expliquer cet acte du duc ? Quel rôle a joué Henriette Deluzy dans cette tragédie ? Anne Martin-Fugier, dans son livre Une nymphomane vertueuse, tente de percer ce drame énigmatique qui ne fut pas sans incidence sur l’abdication de Louis-Philippe.


Bookmark and Share

- Dans la nuit du 17 au 18 août 1847, la duchesse de Choiseul-Praslin, fille du maréchal Sébastiani, épouse d’un pair de France chevalier d’honneur de la duchesse d’Orléans, fut sauvagement assassinée dans son hôtel particulier du faubourg Saint-Honoré. Des preuves accablantes ne laissèrent aucun doute sur l’auteur du crime : il s’agissait de l’époux de la victime, Théobald de Choiseul-Praslin. Un meurtrier duc et pair de France, proche du roi, allié aux meilleures familles de l’aristocratie, le scandale était immense. Pair de France, le duc de Choiseul-Praslin bénéficiait du privilège de l'inviolabilité. Assigné à résidence dans un premier temps, il fut finalement transporté au palais du Luxembourg en attendant son jugement par la Chambre des pairs. Horrifié de son forfait, ou peut-être désireux de ne pas révéler le mobile de son acte, il absorba une forte quantité d'arsenic qui devait le conduire lui-même à la mort. Il décéda le 24 août 1847, dans sa prison, sans avoir reconnu sa culpabilité. Avec le duc de Choiseul-Praslin disparaissait la possibilité de faire la lumière sur un acte inexplicable.

- Dès le 21 août, pour tenter d’éclaircir l’affaire, le chancelier Pasquier, président de la Chambre des pairs, avait réuni une commission d’instruction. La mort du duc le 24 août annulait le procès et libérait la commission. Néanmoins, pour répondre aux premières polémiques, le chancelier Pasquier décida de rendre publique les différentes pièces de l’instruction dont les lettres de la duchesse. Etait-ce suffisant pour calmer les esprits ? Loin de là, on assista à un déballage intime qui mettait l’accent sur la mésentente du couple et présentait une aristocrate désoeuvrée, en manque d’homme. En effet, les Praslin s’étaient mariés en 1824 et avaient eu dix enfants. Après quoi, monsieur se détachât de son épouse, chose qu’elle n’accepta jamais. Dès lors, leur union devint tumultueuse et orageuse. La duchesse se montrait d’une grande possessivité à l’égard de son époux, multipliait les crises de jalousie et le menaçait d'un procès en séparation de corps.
Le récit de Maxime Du Camp est éloquent : « Je me rappelle la duchesse ; c’était une femme grasse, très blanche, qui avait été et qui était encore belle. Sans habileté, poursuivant son mari de ses désirs, lui(...)


© Canal Académie - Tous droits réservés

Notez cette émission :

Pour poursuivre la lecture de cet article et écouter cette émission,
devenez membre du Club pour 25€ par an seulement ! abonnez-vous ici Déjà abonné ? identifiez-vous

Commentaires