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Film historique : La Princesse de Montpensier

Yves-Marie Bercé, de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, et Françoise Thibaut, correspondant de l’Institut, ont vu le film de Bertrand Tavernier

Regards croisés sur un même film : La princesse de Montpensier. Yves-Marie Bercé, historien moderniste de l’Académie des inscriptions et belles-lettres et cinéphile averti, donne son avis sur l’interprétation à l’écran de l’œuvre de Mme de La Fayette par le metteur en scène Bertrand Tavernier. Françoise Thibaut, correspondant de l’Institut, cinéphile elle aussi, nous offre un autre point de vue, exposé à sa manière dans une chronique courte et énergique !


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Yves-Marie Bercé commence par définir le genre : Un film se disant historique, c’est-à-dire situant son action dans une époque révolue, se réduit le plus souvent à un prétexte narratif, il n’est qu’ un procédé de dépaysement spectaculaire, d’exotisme des costumes, des décors et des circonstances. En fait, les personnages, leurs caractères, leurs convenances demeurent contemporaines. Les auteurs ne mesurent pas leurs anachronismes psychologiques, ou, bien pis, ils revendiquent comme des audaces les transfigurations, les ajournements qu’ils imposent à l’époque évoquée.



Qu’est-ce- qu’un bon film historique ?

Choisir le parti de la fidélité à l’Histoire, essayer de reconstituer et de faire comprendre des faits et gestes, des attitudes et des opinions d’une période disparue est une tout autre aventure. Elle réclame d’abord des travaux de recherche et puis aussi des dons de sensibilité et d’intuition. Elle doit en outre se résigner à une audience restreinte, à l’incompréhension de nombre de spectateurs qui n’imaginent pas les étrangetés du passé, les changements à la fois profonds et imperceptibles des valeurs et des comportements, Les images trop fidèles paraîtront insolites, incroyables, absurdes, risibles ou odieuses.
Il me semble que les metteurs en scène français ont plutôt privilégié la première manière, tandis que les anglais s'en sortent bien mieux.

Bertrand Tavernier fidèle à Mme de La Fayette

Voici que la sortie du film de Bertrand Tavernier La princesse de Montpensier vient heureusement contredire mon propos. Cette œuvre est, à mes yeux, un exemple bienvenu de fidélité envers un texte ancien, elle révèle un véritable effort de compréhension des manières de penser et d’agir, des modes de vie, d’amour et de mort appartenant à des époques lointaines et évanouies. L’enjeu était de mettre en images, de traduire en langage de cinéma un récit bref, écrit dans le français désuet de l’âge classique, racontant un épisode d’amours malheureuses. L’intrigue de la nouvelle a été composée par Madame de La Fayette en 1661, c’est à dire, en termes politiques, au début du règne personnel du jeune Louis XIV, et, en termes d’histoire(...)


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