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Ce bon monsieur de Saint-Amant... un académicien romantique et bouffon !

L’écrivain Claude Le Roy, invité d’Anne Jouffroy, présente sa biographie du poète libertin

« Le bon gros Saint-Amant » (ainsi qu’il se qualifiait lui-même) n’engendrait pas la mélancolie. Surnommé « le buveur académique » par ses confrères de l ’Académie française, ce bon vivant fut aussi un fin lettré. On a vu en lui le créateur de la poésie burlesque, mais ce poète de cabaret devenu académicien préfigura, surtout, l’inquiétude romantique. Claude Le Roy, poète et écrivain, présente, dans son livre Ce bon monsieur de Saint-Amant, cette figure pittoresque dont le souffle poétique est si original pour son époque. On ne s’attendait guère à trouver, au siècle de Malherbe et du classicisme, des vers tels que ceux d’Antoine de Saint-Amant !


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C'est un vrai roman d'aventures que la vie d'Antoine Girard de Saint-Amant (1594-1661). Débauché plus que libertin, burlesque et sérieux, sentimental et railleur, solitaire et joyeux drille, aventurier et courtisan, Saint-Amant fut tout cela. Boileau et quelques autres écrivains grincheux de l'époque le traitèrent de « fou » et de « goinfre » mais sa rondeur, sa jovialité, sa verve exceptionnelle sont passées à la postérité, pour le plus grand bonheur de la poésie française.


Sur les mers et sur les routes

Peu de poètes ont autant bourlingué que ce Rouennais, hardi marin et joyeux soldat. Après des études bâclées, il s'embarqua : de longs voyages le conduisirent en Amérique, au Sénégal, aux Açores, peut-être aux Indes.
En 1617, son tempérament poétique, lyrique et romantique se révéla lors d'un séjour à Belle-Ile. La beauté des paysages tourmentés lui inspira une Ode à La Solitude, qui demeure un des joyaux de la littérature française.

À Paris il se lia avec Théophile de Viau et avec Boisrobert (entré à l'Académie en 1634) et Faret (lui aussi entré en 1634), académiciens, comme lui, de la première heure. Campagnes militaires, missions diplomatiques, voyages d'agrément ou visites de courtisan auprès de riches protecteurs, se succédèrent tout au long de sa vie (Espagne, Angleterre, Italie, Pologne, Suède...). Pendant ses dernières années, il goûta, enfin, un repos bien gagné. Il mourut à Paris dans le dénuement et l'oubli. En 1661, le style poétique de Monsieur de Saint-Amant n'était plus dans l'air du temps.


« Académiste » en 1634, « Académicien » en 1636

Depuis 1629, une fois par semaine, une dizaine d'hommes de lettres se réunissait amicalement chez l'un d'entre eux: Valentin Conrart. Le 13 mars 1634, Conrart, à la demande de Richelieu, rédigea les statuts de la future Académie française (créée officiellement en 1635). Treize nouveaux membres furent admis à siéger avec le groupe initial. Saint-Amant fit partie des élus-désignés jusqu'en 1636 du nom d' « Académistes ». Notre poète ne fut pas très(...)


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