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La transmission des savoirs : Les Veda, les monuments littéraires les plus importants au monde

avec Pierre-Sylvain Filliozat, orientaliste et indianiste, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres

La survie de la littérature védique est exceptionnelle. Elle s’étend sur quatre millénaires : du XVe siècle avant notre ère à nos jours. Point de départ de toutes les doctrines de l’Inde classique, la culture védique est le socle de la civilisation indienne du XXIe siècle. Pierre-Sylvain Filliozat, orientaliste et indianiste, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres évoque la transmission orale du savoir védique, ses méthodes, sa poésie, ses musiques et sa force transcendante. Qu’est ce que les Veda ? Quelles sont les techniques de récitation des hymnes védiques ? Quelle est la valeur psychologique et religieuse de la mémoire des textes védiques ?


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La civilisation indienne, en général, est une des plus grandes réalisations de l’humanité. Elle est moins vieille que celles de l'Égypte ou de la Mésopotamie, mais elle n’en plonge pas moins ses origines dans la préhistoire et tandis que les deux premières sont mortes depuis longtemps, la civilisation indienne, elle, demeure vivante encore aujourd’hui. Cette survie exceptionnelle n’a pas été sans évolution ni renouvellement mais elle a porté jusqu’à nous, par une tradition continue, une masse de textes anciens infiniment plus considérable que ce qui nous reste des vieilles littératures grecque, latine et chinoise. La littérature védique en est le meilleur des exemples.


Le Veda: le « savoir » par excellence, la connaissance sacrée

Le Veda est conçu comme un corps de savoir éternel, existant par lui-même. Il est dit « expiré » sous forme de parole par un dieu dit Brahma lors d'une création, et communiqué au monde terrestre par une « vision » donnée à des sages supra-humains, la vision étant une prise de connaissance instantanée. Il est transmis ensuite par la mémoire. Les hommes ne le connaissent que par l'audition. Il est appelé shruti « audition » parce que pour les hommes il est audition et seulement audition.
Ces textes comprennent les Samhitâ ou « collections », généralement en vers, qui contiennent surtout des hymnes, des prières, des formules rituelles; les Brâhmana ou « explications brahmaniques », commentaires théologiques des Samhitâ, en prose; les Aranyaka « textes de la forêt » et l'Upanisad, commentaires annexes aux Brâhmana, mais de caractère plus ésotérique.
Enfin le Veda se termine par le Vedânga « les membres auxiliaires du Veda », œuvres subsidiaires de l'exégèse, qui ne font plus partie du Veda au sens restreint du terme.
On parle de Veda au pluriel ou plus précisément des quatre Veda lorsqu'on envisage les quatre types distincts de Samhitâ: le Rgveda, le Yajurveda, le Sâmaveda, l'Atharvaveda.


Toute cette littérature, ou du moins la majeure partie, a été conçue et conservée oralement. La chose, à peine imaginable, s'explique par l'immense effort que demandent à la mémoire et qu'en obtiennent des hommes façonnés de génération en génération à cette discipline. Cette tradition textuelle est passée d'âge en âge, transmise avec un soin méticuleux.
Ce n'est qu'autour du XIe siècle de notre ère que les Veda(...)


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