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La riche bibliothèque de Paul Morand, de l’Académie française

Un millier d’ouvrages reflétant les goûts littéraires et les amitiés d’un écrivain exceptionnel...
Paul Morand (1888-1976), élu à l’Académie française en 1968, fit de celle-ci sa légataire universelle. Quels ouvrages et quels trésors son exceptionnelle bibliothèque comportait-elle ? Mireille Pastoureau, conservateur général, directeur de la bibliothèque de l’Institut, nous invite à découvrir à la fois le fonds des ouvrages et la personnalité du donateur !


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Émission proposée par : Hélène Renard
Référence : pag898
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Adresse de cet article : http://www.canalacademie.com/ida6822-La-riche-bibliotheque-de-Paul-Morand-de-l-Academie-francaise.html
Date de mise en ligne : 14 août 2011


Tout d’abord, notre invitée relate brièvement l’histoire des archives de Paul Morand : l’écrivain avait fait de l’Académie française sa légataire universelle, à charge pour elle de créer une fondation qui décernerait de manière biennale le Grand Prix de Littérature Paul Morand. Ce qui fut fait. Les archives de Paul Morand sont conservées au service des Archives de l’Institut de France. La Bibliothèque de l’Institut de France se vit confier quelques manuscrits et de la correspondance complétant le fonds d’acrhives mais surtout le fonds constituant la bibliothèque de Paul Morand qui fut donc transférée en 1977 de l’avenue Charles Floquet (près de Champ de Mars à Paris) au Quai de Conti. C’est Maître Maurice Rheims, le confrère de l’Académie, et surtout l’ami de Paul Morand, qui fut l’exécuteur testamentaire et qui, de 1992 à 1999, présida la Commission des bibliothèques et archives de l’Institut de France, tutelle de la Bibliothèque de l’Institut. En tant que président de cette commission, Me Rheims lui fit bénéficier de son savoir d’expert et de son immense culture.

Cette bibliothèque présente un intérêt certain : composée en grande partie d’éditions rares, de tirages numérotés, d’ouvrages avec envois, de livres anciens, d’œuvres poétiques, d’ouvrages en langue anglaise et de traduction des œuvres de Morand. Elle reflète bien entendu les goûts littéraires, les amitiés, les curiosités d’un homme qui fréquenta et influença tout le Paris littéraire d’entre les deux guerres et de l’après-guerre, ainsi que les goûts de son épouse Hélène Soutzo, et même de son père Eugène Morand (1853-1930, homme de lettres lui aussi).

Cette émission ne peut évidemment passer en revue les quelque mille volumes de la bibliothèque de Paul Morand, mais Mireille Pastoureau en offre ici une présentation synthétique par grands domaines qui permet de se faire une bonne idée :

1 - les livres des proches : qu’il avait lui-même hérités de son père Eugène Morand, ou dont son père est l’auteur...

2 - les livres des amis de Paul Morand : Jean Giraudoux, Jean Cocteau, Marcel Proust...

Long envoi autographe de Marcel Proust à Paul Morand
Long envoi autographe de Marcel Proust à Paul Morand

Mireille Pastoureau rappelle l’amitié qui liait Jean Giraudoux à la famille Morand : en 1905, Eugène Morand, commissaire de l’exposition internationale de peinture à Munich, emmena son fils et lui trouva un jeune normalien de 23 ans : Jean Giraudoux qui voyageait en Allemande grâce à une bourse d’études. Ce fut le début d’une longue amitié. Giraudoux fut assidu pendant vingt ans aux réunions du dimanche où les Morand réunissaient leurs amis... Son goût du sport (la course à pied) arracha peut-être le jeune Paul à sa nonchalance naturelle...
De même, une amitié de quarante année lia Jean Cocteau et Paul Morand depuis leur rencontre en 1915. Lequel Paul fit partie des intimes regroupés chez Proust...

3 - Autre domaine : la littérature anglo-saxonne. Paul Morand y excellait. À ce titre, il fut l’un des grands esprits européens, aussi à l’aise à Oxford qu’à Venise... Il était parfaitement bilingue en anglais et devint vite familier des grands auteurs anglo-saxons. Il fut attaché d’ambassade à Londres de 1913 à 1916 et y mena la vie mondaine de l’époque. Puis il y retourna chaque année par la suite, sauf entre 1940 et 1945. Londres faisait son bonheur, il l’a écrit de nombreuses fois dans ses ouvrages. Sa bibliothèque contient donc une cinquantaine d’ouvrages d’auteurs anglais classiques (notamment les œuvres complètes de Stevenson) publiés dans les années 20...

4 - Les livres anciens, précieux et rares. Sans constituer une véritable collection de bibliophile, Morand avait néanmoins acquis une trentaine d’ouvrages publiés entre 1500 et 1811 dont certains avec des reliures précieuses. Ausone, Pétrarque, Plutarque, Quintilien y côtoient Cervantès, Mirabeau ou la comtesse de Genlis.

5 - Enfin, les œuvres de Morand lui-même : il est l’auteur d’une soixantaine de titres dont les plus connus restent Milady, Flèche d’Orient, Fermé la nuit, New York etc... Certaines éditions de ces ouvrages sont illustrés de gravures ou de photographies.

<i>« À Paul Morand, parce que je l’ai dans la peau, Paul Morand. »</i>
« À Paul Morand, parce que je l’ai dans la peau, Paul Morand. »

6 - Les dédicaces : Il convient de faire mention également des ouvrages dédicacés à Paul Morand qui constituent un fonds non négligeable de cette bibliothèque (de Claudel, Audiberti, Blum, Berl, d’Annunzio, Ernst, Breton, Gide, Gracq, Zweig... etc.). La variété des auteurs représentés dans ce fonds éclaire le réseau de relations amicales (notamment parmi les Surréalistes) que le couple Paul et Hélène Morand avait su créer autour de lui. Même lorsqu’il s’exila en Suisse, il restait en liaison avec tous ses amis.

Portrait de Paul Morand par Jean Cocteau
Portrait de Paul Morand par Jean Cocteau

En savoir plus :

LE GRAND PRIX DE LITTERATURE PAUL MORAND : biennal, destiné à « un auteur d’un ou plusieurs ouvrages remarquables par leurs qualités de pensée, de style, d’esprit d’indépendance et de liberté », il a été décerné notamment à :

1980 : Jean-Marie Le Clézio
1982 : Henri Pollès
1984 : Christine de Rivoyre
1986 : Jean Orieux
1988 : Emil Cioran
1990 : Jean-François Deniau
1992 : Philippe Sollers
1994 : Andrée Chedid
1996 : Marcel Schneider
1998 : Daniel Rondeau
2000 : Patrick Modiano
2002 : Jean-Paul Kauffmann
2004 : Jean Rolin
2006 : Jean Echenoz
2008 : Jacques Roubaud
2010 : Olivier Rolin

Pour consulter l’intégralité du document préparé par Mireille Pastoureau : http://www.bibliotheque-institutdefrance.fr/sites/default/files/la_bibliotheque_de_paul_morand_catalogue_expo.pdf

À écouter aussi sur Canal Académie :
- Ecrivains français en Italie (2) : Paul Morand, de l’Académie française
- Paul Morand et l’Argentine
- Milady, la jument de Paul Morand







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