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Henri Bergson : de la conversion religieuse à la conversion philosophique

Entretien avec Catherine Chalier, auteur de l’essai Le désir de Conversion

Henri Bergson, philosophe d’origine juive est décédé le 4 janvier 1941. Il est mort chrétien et catholique de cœur sans avoir voulu être baptisé par solidarité avec le destin des Juifs. Sa conversion religieuse fut précédée de conversions philosophiques. Damien Le Guay a demandé à Catherine Chalier, philosophe, professeur à l’université de Nanterre, spécialiste du judaïsme (et de Lévinas en particulier) et auteur de l’essai « Le désir de conversion » de nous éclairer sur cet épisode religieux dans la vie de l’illustre philosophe qui était membre de deux académies, l’Académie des sciences morales et politiques (1901) et l’Académie française (1914).


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L'ouvrage de Catherine Chalier traite des conversions mystiques et religieuses de 5 grandes figures du XXe siècle, à savoir : Henri Bergson, Franz Rosenzweig, Simone Weil, Thomas Merton, et Etty Hillesum (qui a été l'objet d'une autre émission sur Canal Académie.

Bergson est né juif mais son éducation juive fut «de peu de durée » selon ce qu’il en dit lui-même. Sa première « conversion » selon les mots qu’il utilisa, remonte à 1880 quand, dans son travail philosophique, il découvre la durée. Il tentera, de différentes manières, de saisir dans la durée vivante l’origine des choses. Il finira, aussi, par se convertir à « l’intuition » - qu’il considère comme un retournement vers la source, vers ce qui est toujours neuf et imprévisible. L’idée de « Dieu » n’apparait qu’en 1907, dans L’évolution créatrice. Il le définit come le « centre » qui est « une continuité de jaillissement », « vie incessante, action, liberté ». Cette conception rejoint une religiosité naturelle, sans attache particulière, sans théologie spécifique.

Il faudra attendre 1932, dans Les deux sources de la morale et de la religion, pour que Bergson se tourne vers les religions conçues comme des « cristallisations de l’élan créateur ». Il considère même, parmi toutes les religions, un avantage particulier du christianisme. Il opère un passage du « clos » (à savoir la religion d’Israël qui reste du coté du national) à l’ouvert avec le souci d’une justice pour tous. Seul le christianisme, dit-il, rend « agissante l’idée de la fraternité humaine ». L’amour chrétien « n’est pas simplement l’amour d’un homme pour Dieu, c’est l’amour de Dieu pour tous les hommes ». Bergson place au-dessus de tout Le sermon sur la montagne (les Béatitudes).


En 1937 il écrit son(...)


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