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Le FMI, chasse gardée de l’Occident ?

Une nouvelle chronique européenne de Jean-Dominique Giuliani

Dominique Strauss-Kahn n’avait pas encore démissionné de la présidence du FMI que déjà les candidats potentiels au poste se regardaient en chiens de faïence. Christine Lagarde, actuelle ministre de l’économie française, semble être la favorite. Mais les puissances émergentes ne voient pas d’un bon œil l’arrivée probable d’une occidentale à la tête du FMI. Jean-Dominique Giuliani nous expose les prétentions, selon lui légitimes, de cette Européenne.


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Souvent les représentations occultent les réalités. L'émergence heureuse de nouveaux acteurs économiques ne doit pas faire oublier que, pour l'instant, si la croissance est en Asie, en Amérique du Sud ou en Afrique, la richesse est toujours aux Etats-Unis et en Europe, deux continents qui dominent l'économie mondiale.
Voila pourquoi ils détiennent plus de 50% des quote[arts du FMI. L'Union européenne y compte pour 32%, les pays de l'Euro pour 24%, les Etats-Unis pour 18%.
Tels sont bien les équilibres de l'économie planétaire, calculés en fonction du PIB, de l'ouverture de l'économie, de la croissance et des réserves monétaires.

Ce n'est donc pas une Europe en difficulté qui veut garder ses privilèges, c'est le premier continent par la richesse qui entend seulement et légitimement peser la juste mesure de son poids.
La crise actuelle de la dette est de surcroît différente de celles qu'ont connues, il y a quelques années, les pays désormais en forte croissance.
Les émergents d'aujourd'hui étaient alors le plus souvent des naufragés.
Lors du choc pétrolier des années 70, puis face à la quasi-faillite de certains dans les années 80, ou à l'occasion de la chute du communisme en Europe centrale et orientale, toutes leurs difficultés ont été surmontées avec l'aide efficace du FMI.

Les buts du Fonds Monétaire International, définis en 1944, demeurent donc parfaitement pertinents : organiser la coopération monétaire, faciliter le commerce mondial, l'emploi et la croissance, faire reculer la pauvreté, apporter une aide temporaire en cas de graves déséquilibres passagers.
C'est vraisemblablement l'Europe qui peut le mieux revendiquer l'esprit d'une institution indispensable, qui a entamé avec succès sa mutation et doit la poursuivre résolument. Parce qu'elle est le seul véritable et exemplaire projet politique collectif face aux troubles créés par des transformations exceptionnellement rapides ; qu'elle est une entité pacifiée, de libertés et de règles acceptées.

Les pays émergents contestent cette supériorité en raison de leur développement récent. Mais ils ne sont pas encore en mesure de convaincre. On y compte des dictatures, les sociétés les plus violentes et une contestation à peine voilée des principes démocratiques, qui seraient moins efficaces au XXIème siècle!
Ils réclament une place que justifierait leur poids, encore limité, dans l'économie mondiale (les BRICS - Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud (...)


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