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Raymond Aron, un libéral dans une époque dominée par le marxisme

Perrine Simon-Nahum rappelle l’importance de cet intellectuel engagé, de l’Académie des sciences morales et politiques.

Raymond Aron est un des penseurs majeurs du XXe siècle. Pourtant, avec la chute de l’U.R.S.S. et la fin d’un monde bipolaire, la pensée de ce philosophe, fervent défenseur du libéralisme contre le marxisme, semble avoir été reléguée au second plan. Voici un premier entretien mené par Damien Le Guay avec Perrine Simon-Nahum, directrice de recherche au CNRS, qui a préfacé la nouvelle édition de Dimensions de la conscience historique. L’occasion de revenir sur une pensée toujours aussi pertinente.


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Raymond Aron (1905-1983) fut une des figures intellectuelles les plus importantes, en France, de la seconde moitié du XX ème siècle. Ami et condisciple de Jean-Paul Sartre à l’Ecole Normale, il fut, après la seconde guerre mondiale, un défenseur du libéralisme à la française et pourfendra toutes les formes de marxismes – qu’elles aient été réelles, imaginaires ou armes de destruction massive dans le champ des idées.

Élu le 25 novembre 1963 à l’Académie des sciences morales et politiques où il succède à Gaston Bachelard, il fit graver sur son épée une citation d’Hérodote : « nul homme n’est assez dénué de raison pour préférer la guerre à la paix ».

Perrine Simon-Nahum, historienne, directrice de recherche au CNRS, spécialiste, entre autres choses, de Raymond Aron (pour avoir préfacé la republication de Dimensions de la conscience historique (1961)), nous présente ici cet homme important, aux avant[ostes du combat intellectuel pendant trente ans et qui semble avoir un peu disparu en même temps que disparaissait, juste avant sa mort, ce monde bipolaire, sous la menace d’une guerre nucléaire, chargé d’hystéries idéologiques et d’enjeux qui, aujourd’hui, nous paraissent d’un autre âge.

Raymond Aron, est né le 14 mars 1905 à Paris et y est mort le 17 octobre 1983. Il étudie au Lycée Hoche à Versailles puis au Lycée Condorcet à Paris où il obtient son baccalauréat en 1922. De 1924 à 1928, il étudie la philosophie à l'École normale supérieure à Paris. Ses camarades sont alors Paul Nizan, Georges Canguilhem et Jean-Paul Sartre. Il est influencé par les idées pacifistes du philosophe Alain, influence dont il se détachera à partir des années 1930. Engagé politiquement, il milite quelques temps à la SFIO. En 1928, il passe avec succès l'agrégation de philosophie, étant reçu 1er ; Sartre est recalé dès l'écrit la même année, avant d'être à son tour reçu 1er l'année suivante. À partir de 1930 en Allemagne, où il étudie un an à l'université de Cologne, puis de 1931 à 1933 à l'université de Berlin, Aron observe la montée du totalitarisme nazi.

Il revient en France en 1933, et en 1938, obtient son doctorat ès-Lettres et écrit une Introduction à la philosophie de l'histoire ainsi(...)


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