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Des « contes » d’apothicaire !

Le lexicologue Jean Pruvost se penche sur les expressions engendrées par ce mot

Dans cette nouvelle émission Jean Pruvost dévoile les petits secrets de comptabilité de nos chers pharmaciens. Une leçon d’étymologie bonne pour la santé.


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Essayer de faire deviner l’expression « comptes d’apothicaire » en soulignant que mon premier mot fait appel au calcul, que les enfants y font souvent une faute et que le second mot est un synonyme ancien de « pharmacien », n’est peut-être pas suffisant. Les calculs font certes penser au mot compte, qui s’écrit avec la lettre « p », comme comptable. Ce qu’on oublie de signaler, c’est que cette lettre a été ajoutée au XVIe siècle pour rapprocher le mot de sa racine latine « computare », calculer, et ainsi le distinguer de conter, raconter une histoire. On croyait alors opérer une distinction étymologique utile, mais on sait aujourd’hui, que « conter » une histoire venait aussi de « computare », c’était en effet additionner des faits pour construire un récit.
Quant au second mot, hier de réputation sulfureuse et aujourd’hui de très bonne réputation, il s’agit bien sûr de l’apothicaire, autrement dit le pharmacien. Nos premiers dictionnaires, à la fin du XVIIe siècle signalent au reste abondamment ce métier qui représente « un partie de la Médecine » consistant « en la préparation des remèdes ». Et Furetière de préciser qu’« à Paris, les Apothicaires prennent aussi la qualité de Marchands épiciers & droguistes ».

Le même Furetière se fait aussi le relais d’une information amusante, on se plaint en effet alors « qu’il y a trop d’apothicaires en Danemark, quoi qu’il n’y en ait que trois à Copenhague et quatre seulement en tout pour le reste du Royaume, encore faut-il qu’ils fassent quelque autre trafic pour vivre : ce qui montre qu’on se pourrait bien passer d’apothicaire ». On le constate, l’apothicaire n’a pas bonne presse. Pierre Larousse a raison de signaler que « l’apothicaire faisant commerce de substances dont le vulgaire ignore complètement la nature et le prix, le mot apothicaire devint pour le peuple, synonyme de trompeur ».
Disons-le franchement, les factures des apothicaires étaient très complexes, on n’y comprenait rien… et ces factures qu’on appelait aussi «(...)


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