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Une seconde vie pour le pôle universitaire de Guyane

L’Académicien des sciences Jacques Blamont, installateur de Kourou, plaide pour ce département français qu’il connaît parfaitement

L’université des Antilles regroupe la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane. Parallèlement, depuis plusieurs années, la Guyane tente de créer sous l’impulsion de Jacques Blamont un pôle universitaire, en partie autonome par rapport à ses « voisins » antillais. Passé plusieurs années de développement, le pôle est entré en sommeil. Mais il compte bien renaître de ses cendres pour cette rentrée 2011, sous l’égide de Jacques Blamont de nouveau. Explications en compagnie de l’intéressé, qui revient sur les spécificités de la Guyane.


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Avant d’aborder l’implantation du pôle universitaire de Guyane, il convient de remplacer le contexte dans lequel Jacques Blamont a été amené à s’occuper de ce projet. Car si nous devons à notre invité les premiers satellites français, ancien directeur scientifique et technique du CNES pendant de nombreuses années, il restait au départ éloigné des questions relatives au fonctionnement d’une université.

Jacques Blamont connaît bien la Guyane. C’est lui qui en 1962 suggère l’installation du champ de tir des fusées à Kourou, après avoir quitté le champ de tir de Colomb-Béchar en Algérie.
« Un champ de tir est un outil régalien, nous ne pouvions pas rester en Algérie après la proclamation de l’indépendance » rappelle-t-il.
C’est ainsi qu’en 1964, le Premier ministre de l’époque Alain Pompidou décide de céder au CNES quelque 120 000 hectares en Guyane. « Le CNES est devenu le propriétaire de ce qui était le bagne, sur l’île du diable. La Guyane était un grand pays, pratiquement vide car il ne comptait que 40 000 habitants en 1965 ».
A partir de l’installation du CNES à Kourou, la Guyane se développe, passant à de 40 000 à quelque 230 000 habitants aujourd’hui.« Le taux d’accroissement est de 4% par an. On estime que la Guyane sera peuplée de 650 000 habitants à l’horizon 2050 » précise Jacques Blamont. Le niveau de vie français sur place attire la population pauvre des pays frontaliers comme le Brésil, le Surinam, le Guyana, la Colombie ou encore Haïti.

Mais pour Jacques Blamont il demeure un problème de taille : cette jeune population active, peu diplômée, n’arrive pas à décrocher de postes alors que l'offre est forte : « Chaque année, 4000 jeunes entrent sur le marché du travail, 1000 emplois qualifiés sont offerts et seulement 600 personnes sont qualifiées pour trouver un emploi. Nous avons un problème considérable de formation car seul 2% des gens ont bac +2 ».
Si la population étrangère a accès à l’éducation, les inégalités demeurent(...)


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