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Que devons-nous à l’écriture et à la religion des Etrusques ? (2/2)

Pour Dominique Briquel, ce fut l’une civilisation des plus avancées d’Occident

L’Étrurie, maillon capital entre les civilisations grecque et romaine, nous laissa un héritage culturel dont nous n’avons pas suffisamment conscience. Que devons-nous à l’alphabet étrusque ? Qu’est-ce que la discipline étrusque ? Pourquoi parle-t-on de la littérature sacrée étrusque ? Dans cette seconde émission sur les Etrusques, animée par Anne Jouffroy, Dominique Briquel, correspondant de l’Académie des inscriptions et belles lettres, professeur à l’Université de Paris IV- la Sorbonne et directeur du centre de Recherches Archéologiques d’Orient et d’Occident, évoque les savoirs étrusques, leur survivance -et parfois leur déclin- dans le monde romain et occidental.


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« Le cas de l'Étrurie est emblématique de toutes les grandes civilisations qui ne naissent pas de rien mais qui sont importantes car elles ont su adapter, améliorer ce qu'elles ont reçu. Nous pourrions multiplier les exemples de cette capacité des Étrusques à reprendre et faire fructifier ce qu'ils recevaient. Le meilleur signe de l'impact culturel des apports étrangers, et avant tout ceux de la Grèce, comme du fait qu'il ne s'agit pas d'une réception passive de la part des Étrusques, mais de la création d'une nouvelle culture qui leur est propre, est sans doute la création d'une écriture nationale », précise d'emblée Dominique Briquel.

L'écriture étrusque
Les Étrusques apprirent à lire et écrire auprès des colons grecs de Cumes, et c'est l'alphabet particulier de Chalcidiens qu'il adoptèrent, peu avant 700 (avant Jésus Christ). Mais déjà ils l'adaptèrent : ne possédant pas le phonème [g] (g dur, celui de gare) dans leur langue, ils changèrent la valeur du gamma grec, qui avait cette valeur, et lui firent noter le [k] (c dur, celui de case), ce qui explique que l'alphabet latin dont nous nous servons, qui fut repris par les Latins aux Étrusques au VII° siècle, offre au début une séquence ABC valant [a], [b], [k], et non [a], [b], [g], comme cela aurait été le cas si le modèle avait été la série alpha, bêta, gamma du grec.
Les Étrusques manifestèrent aussitôt l'importance culturelle de cette acquisition, lui donnant un retentissement qu'on ne constate pas dans le monde hellénique: dans les tombes princières de cette époque on note souvent la présence d'inscriptions, voire d'instruments liés à la pratique de l'écriture.


Abécédaires des somptueux tombeaux et prestige social

Le mobilier d'une tombe de Marsigliana d'Albegna comportait un abécédaire inscrit sur une tablette en ivoire, un stylet permettant(...)


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