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Régis Wargnier : entrée dans le scénario de la vie du cinéaste

Entretien avec l’académicien des beaux-arts
Régis Wargnier, le réalisateur d’Indochine, meilleur film étranger en 1992 et du film La ligne droite sorti en 2011, a été reçu sous la Coupole de l’Institut de France, pour son installation au sein de l’Académie des beaux-arts le mercredi 1er février 2012. Il fit l’éloge de son prédécesseur Henri Verneuil et a été accueilli par son confrère Marc Ladreit de Lacharrière.


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Émission proposée par : Marianne Durand-Lacaze
Référence : HAB673
Adresse directe du fichier MP3 : http://www.canalacademie.com/emissions/hab673.mp3
Adresse de cet article :
Date de mise en ligne : 29 janvier 2012

L’émission que vous écoutez a été enregistrée quelques jours avant son installation sous la Coupole en février 2012.

Le cinéaste Régis Wargnier a été élu en 2007 au fauteuil d’Henri Verneuil, il rejoindra ainsi en grande cérémonie, Pierre Shoendoerffer, Jeanne Moreau, Jean-Jacques Annaud et Roman Polanski, les membres actuels de la section « créations artistiques dans le cinéma et l’audiovisuel », à l’Académie des beaux-arts. Retenu par ses tournages et ses projets, entre le moment de son élection au sein de l’Académie en 2007 et son installation sous la coupole en 2012, Régis Wargnier, très présent aux séances régulières de l’Académie, a enfin pu donner son feu vert à l’organisation de son "installation". À l’Académie des beaux-arts, chaque académicien décide de l’organisation de cette séance exceptionnelle, de ses invités, un moment fort pour tout académicien où l’un de ses confrères l’accueille en prononçant "le discours d’installation", selon la terminologie académique, suivi du discours prononcé par le nouvel académicien en hommage à son prédécesseur, "l’éloge", étant un terme réservé à l’Académie française.

Le cinéaste Régis Wargnier, membre de l'Académie des beaux-arts
Le cinéaste Régis Wargnier, membre de l’Académie des beaux-arts

Marc Ladreit de Lacharrière débutera la séance en faisant donc le portrait du cinéaste qui fait partie depuis 2009 du comité de pilotage de la Fondation Culture et diversité créée en 2006 par Marc Ladreit de Lacharrière. Elle a pour but de favoriser un égal accès des jeunes issus des zones d’éducation prioritaire aux arts et à la culture. Marc Ladreit de Lacharrière fondateur et Président du groupe FIMALAC (Financière Marc de Lacharrière, cotée en bourse) a été élu en 2005 dans la section des membres libres au sein de l’Académie. Grand mécène du Louvre, Président de l’agence de notation financière internationale Fitch Ratings, membre de l’Académie des beaux-arts, président de France-Muséums, l’agence chargée de développer le Louvre-Abou Dabi, ambassadeur de l’Unesco, il a en charge d’accueillir Régis Wargnier -qu’il connaît bien- au sein de l’Académie des beaux-arts.

Régis Wargnier vient d’une génération qui a fait ses humanités au sens classique du terme. Après avoir obtenu une licence de lettres classiques et une maîtrise de grec, il ouvre un atelier photo. Il débute une carrière cinématographique en 1972 sur le tournage de La femme en bleu aux côtés de Michel Deville. À partir de ce moment là, il se sent happé par le septième art. Il a travaillé comme assistant réalisateur pour plusieurs cinéastes parmi lesquels Claude Chabrol, Elie Chouraqui, Olivier Nolin, Francis Girod (pour 3 films, La Banquière, Le Grand Frère, Le Bon Plaisir, Alexandre Arcady et Ariel Zeitoun, pour Valerio Zurlini ( Le Désert des Tartares). Dans ce premier long métrage, La Femme de ma vie, qu’il réalise à 38 ans, il dresse le portrait d’un violoniste alcoolique. Suivront Je suis le Seigneur du Château (1989), Indochine (1992), Une femme française (1995), Lumière et compagnie (1995, court-métrage), Est-ouest (1999), Cœurs d’athlètes (2003, documentaire), Man to Man (2005), Pars vite et reviens tard (2007) avec Michel Serrault et La ligne droite (2011).

Régis Wargnier et Michel Serrault sur le tournage de <i> Pars vite et reviens tard</i>, 2007
Régis Wargnier et Michel Serrault sur le tournage de Pars vite et reviens tard, 2007

Son œil de photographe, maniaque du cadre et son œil de cinéaste donnent à ses œuvres un soin particulier pour les profondeurs de champs et les plans larges. Le cinéma est pour lui un mouvement, une ondulation, une fréquence, mais avant-tout un mouvement qui, lorsqu’il est lancé, ne s’arrête pas, un mouvement vers les sentiments, vers le public. Régis Wargnier n’oublie jamais d’être spectateur et avoue se sentir comme un môme dès qu’il s’assied dans une salle de cinéma. Souvent il y a des films qui passent au-delà des yeux, je dirais même qui dépassent la rétine et qui viennent sur des zones profondes du cerveau, sur l’inconscient, créant des sensations particulières, où on a l’impression de recevoir quelque chose d’artistique, un tableau, une peinture.

Il évoque sans nostalgie le cinéma de sa jeunesse, où réaliser un film relevait du parcours du combattant. Il fallait prévoir 6 mois à l’avance la caméra, s’assurer de la venue du machiniste, du cameraman, des monteurs[...]Aujourd’hui n’importe qui peut filmer[...] mais on aura toujours besoin de gens pour écrire les histoires et d’artisans créateurs pour les mettre en œuvre. Dans notre monde actuel, notre rapport à l’image a changé, nous sommes submergés d’images animées par la télévision, le cinéma, Internet, la publicité. Avant le cinéma était une récompense, c’était une question de volonté et de désir. La tendance des productions actuelles en 3D gênent un peu cet amateur de films grand spectacle, qui y voit un moyen de séduire le jeune public et trouve là une limite à la sensibilité de son écriture cinématographique puisque tout est mis sur le même plan. Réalisateur de grandes fresques historiques avec Indochine et Est-ouest, il ne cache pas son admiration pour un film comme Lawrence d’Arabie de David Lean, avec Omar Sharif aux côtés de Peter O’Toole, un chef-d’œuvre d’où lui vient peut-être, son goût de l’épopée, une épopée grandie par l’intime. Fan d’histoire et de géographie, insatiable voyageur, raconter des parcours humains au milieu de grands mouvements de l’Histoire demeure à ses yeux, le plus sûr moyen de surfer sur l’imaginaire des spectateurs.

Comment naissent ces films ? Quel est son rapport aux acteurs ? Que représente Catherine Deneuve pour ses films ? Que se sont-ils mutuellement apportés ?
Le film Indochine qui raconte l’histoire d’une femme d’affaires française à la tête d’une plantation d’hévéas dans l’Indochine de la France coloniale, lui a apporté une réputation mondiale (Oscar du meilleur film étranger en 1992). Il y révèle Catherine Deneuve en patronne et femme mûre qui vaut à la star, une nomination à l’Oscar de la meilleure actrice et un César.

En attendant le jour J de son installation sous la Coupole, où il parlera longuement d’Henri Verneuil, il évoque dans cette émission, une image de Week-end à Zuydcoote, et le rapport du cinéaste (1920-2002) avec ses acteurs, un maître du cinéma pour qui l’essentiel tournait autour de l’amitié.

Son épée conçue et fabriquée à Phnom Penh au Cambodge, terrain de ses prochains projets cinématographiques. Sobre dans ses lignes, elle est conçue sur l’idée de courbe et de souplesse, comme une ligne qui s’arrondit et se redresse : une probable manière d’atteindre la ligne droite, un thème cher à Régis Wargnier, titre de son dernier film. Le fourreau et la poignée sont en galuchat, une matière rare issue de dos de raie ou de requin où se concentre toute l’énergie de l’animal, un cuir d’océan venu de loin pour défendre le cinéma.

Régis Wargnier et Rachida Brakni, sur le tournage de <i> La Ligne droite</i>, 2011
Régis Wargnier et Rachida Brakni, sur le tournage de La Ligne droite, 2011

Pour en savoir plus

- Régis Wargnier sur le site de l’Académie des Beaux-arts






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