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Bertrand Collomb, Edouard Brézin : conclusions du colloque sur l’avenir du nucléaire français

Une communication donnée en séance à l’Académie des sciences morales et politiques en mars 2012
Quel avenir pour le nucléaire dans la politique énergétique française ? Tel était le thème du colloque organisé à l’initiative de Bertrand Collomb, de l’Académie des sciences morales et politiques, qui s’est tenu le lundi 19 mars 2012. Ecoutez ici la séance de cette académie au cours de laquelle Bertrand Collomb et Edouard Brézin, de l’Académie des sciences, ont présenté les conclusions de ce colloque.


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Référence : ES655
Adresse directe du fichier MP3 : http://www.canalacademie.com/emissions/es655.mp3
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Date de mise en ligne : 1er avril 2012

Au cours du colloque étaient intervenus André-Claude Lacoste, président de l’Autorité de sûreté nucléaire, Jacques Lesourne, président du centre Énergie de l’Ifri, Jacques Percebois, président de la commission Énergie 2050, Jean-Paul Bouttes, directeur de la stratégie et de la prospective d’EDF, Benjamin Dessus, président de Global Chance, et Jean Baechler, membre de l’Académie, mais également membre de la CNE2.

- La majeure partie des interventions seront prochainement retransmises par Canal Académie.

Bertrand Collomb, de l'Académie des sciences morales et politiques
Bertrand Collomb, de l’Académie des sciences morales et politiques

Bertrand Collomb a rappelé quelques évidences qui lui semblent néanmoins importantes à garder à l’esprit :

- que les événements qui ont peu de probabilités de se produire peuvent tout de même se produire ; il convient alors de gérer au mieux les conséquences et les effets à terme... et que si l’on ne peut jamais exclure un accident, il faut tout faire pour en réduire les probabilités.

- que tout choix comporte des risques. La question est donc de savoir jusqu’à aller ou ne pas aller. Car notre liberté doit exercer un devoir de responsabilité y compris pour l’avenir. Le choix atteint donc une limite lorsque les risques pourraient mettre fin à l’espèce humaine ou endommager définitivement sa perpétuation (il reprenait ici les propos développés durant le colloque par le philosophe-sociologue Jean Baechler). Cela étant affirmé, il n’y aurait donc aucune obligation éthique de refuser le nucléaire si les risques étaient limités et correctement gérés.

- qu’il faut aussi s’interroger sur la valeur économique qui justifie que l’on utilise ou non le nucléaire. Les données économiques sont également à prendre en considération et Bertrand Collomb les a exposées en détails.

Pour terminer son intervention, il a présenté une synthèse des différentes interventions du colloque : " Il apparaît clairement que les centrales nucléaires actuelles sont la solution la moins chère. Leur niveau de sécurité en rend l’exploitation acceptable. Mais la stratégie suggérée par la Commission Énergie 2050, consistant à prolonger de 20 ans leur durée de vie et à reporter les choix de long terme à plus tard me semble présenter des risques. Le renforcement progressif des mesures de sécurité me paraît inévitable, surtout lorsqu’une nouvelle génération jugée plus sûre sera disponible. Il risque de ne pas permettre d’aller jusqu’à 60 ans de durée de vie. Et, bien sûr, tout accident sérieux sur une de ces centrales pourrait obliger à une réaction rapide et très coûteuse. Si l’on croit que l’énergie nucléaire est indispensable pour fournir une électricité bon marché sans émissions de gaz à effet de serre, il faut maintenir la dynamique nucléaire, faire progresser l’expérience des centrales de 3e génération, EPR ou autres, et reprendre activement les études de la 4e génération. Celle-ci en effet utiliserait le plutonium déjà produit pour fertiliser l’uranium appauvri, disponible en quantité suffisante pour des siècles d’utilisation.
« Cette politique n’est nullement contradictoire avec les actions d’économie d’énergie et avec le développement des énergies renouvelables. On aurait ainsi les trois volets d’un triptyque gagnant : économies d’énergie, énergies renouvelables, nucléaire modernisé et à sécurité renforcée. Les proportions des différentes composantes se détermineront en fonction de l’expérience, mais il est assez douteux que l’une d’elles rende inutile les deux autres. On ne pourra probablement pas, en tout cas à horizon prévisible, ni réduire les consommations ni développer les électricités renouvelables au point qui rendrait inutile le recours au nucléaire. »

- Consulter l’intégralité du texte sur le site : http://www.asmp.fr/travaux/communications/2012_03_19_collomb.htm




Edouard Brézin
Edouard Brézin
© DR

- Édouard Brézin a ensuite présenté la position de l’Académie des sciences sur le nucléaire, formulée sous forme d’un avis disponible sur son site http://www.academie-sciences.fr/, et il en a souligné la convergence avec les propos de Bertrand Collomb. Il a tout d’abord expliqué les "leçons" à tirer après l’accident de Fukushima, puis il a rappelé le contexte de la demande énergétique mondiale, pointant les principaux problèmes du nucléaire. Enfin, il a insisté sur les atouts que représente le nucléaire pour la France.

- Consulter les principaux points abordés par Edouard Brézin sur le site de l’Académie des sciences morales et politiques :






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