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"En Ecoute Facile" : "Les Vernelles" de Maurice Genevoix, de l’Académie française

Dans la série "Les hauts lieux", découvrez sa maison des bords de Loire avec Sylvie Genevoix
« En Ecoute Facile » s’adresse aux amis étrangers dont le français n’est pas la langue maternelle et qui souhaitent se familiariser avec la langue française. Grâce à une écoute conviviale, vous découvrez soit l’œuvre d’une ou d’un Académicien, soit un lieu de vie ou un animal qui lui est cher. Voici le lieu qu’aimait Maurice Genevoix, de l’Académie Française, la maison des Vernelles qu’il habitait sur les bords de la Loire et dans laquelle il partagea de tendres moments entre son épouse et sa fille. Nous dédions cette émission à la mémoire de Sylvie Genevoix, fille unique de l’Académicien qui nous a quittés en cette année 2012.


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Référence : eff516
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Date de mise en ligne : 4 novembre 2012

L’émission commence par un dialogue entre nos deux jeunes jounalistes, Mahaut et Clément :

Les Vernelles : c’est le nom d’un hameau situé sur un côteau dominant la Loire ; c’est là que Maurice Genevoix, de l’Académie Française, acheta une vieille maison de vignerons.

Clément Aux Vernelles, par la fenêtre de son bureau, Maurice Genevoix pouvait contempler le spectacle sans cesse renouvelé de la Loire, le plus long fleuve de France.

Mahaut Dans le texte qui va vous être lu, Maurice Genevoix nous confie que la Loire est son méridien, son port d’attache, son ancre de salut autant d’expressions françaises que l’écrivain emploie pour nous décrire tout l’intérêt, l’engouement, la passion qu’il porte aux éléments de la nature, de la flore et de la faune.

Clément L’auteur des livres « Bestiaire enchanté » « Tendre Bestiaire » dit que ses liens, ses attaches avec cette nature le ceignent, attention ceignent « C-E-I-N-G-N-E-N-T » vient du verbe ceindre qui signifie entourer, mettre autour du corps ou de la tête, et non pas du verbe « saigner S-A-I-G-N-E-R, qui lui vient du mot sang"

Les Vernelles
Les Vernelles

Maurice Genevoix a écrit : « Les Vernelles sont devenues ma maison. J’y ai vécu de ma vie d’homme, et je sais à présent qu’elles sont mon méridien, mon port d’attache, mon ancre de salut. Ici seulement les liens qui de toute part me ceignent, et que je sens bouger doucement dès que je songe à l’homme que je suis, je les ai un à un acceptés ; chacun d’eux est une affirmation, un consentement, une certitude de liberté. Et s’il m’arrive, songeant alors au train du monde, au relais des générations lorsque l’homme que je suis aura fermé les yeux, s’il m’arrive de souhaiter quelque survie ici-bas, une marque encore vivante de mon passage vite effacé, c’est ici que je voudrais lancer ma dernière bouteille à la mer. »

Mahaut C’est là que Maurice Genevoix écrivit la plupart de ses livres, c’est là qu’il passa l’essentiel de sa vie ; au début du prochain texte, vous entendrez le mot « crissement feutré : il s’agit d’un grincement aigu mais assourdi et discret.

Clément Maurice Genevoix évoque aussi les ailes d’un ramier ; le ramier est un pigeon sauvage, mais qui est aussi présent dans les villes.

Maurice Genevoix de l'Académie Française
Maurice Genevoix de l’Académie Française

Maurice Genevoix a écrit : « Si ce n’était le crissement feutré des roues de la voiture sur le sable du chemin, le silence serait celui d’un autre monde, peuplé seulement du hululement d’une chouette ou du claquement un peu brusque des ailes d’un ramier à la cime des pins. Et soudain, au sortir d’un tournant en angle droit, la maison apparaît, éclairée même sous la nuit la plus noire par le contraste entre le bois qui la met à l’abri du monde extérieur et la terrasse sablonneuse qui l’entoure. A ses pieds, en contrebas d’un talus d’herbe et d’arbustes sauvages auxquels se mêlent des buissons de roses anciennes, la Loire, large, sereine et souveraine, coule sous les étoiles, à perte de vue. »

Mahaut Sylvie Genevoix, fille unique de Maurice Genevoix, est née dans la maison des Vernelles ; elle a passé son enfance avec son père sur ces bords de Loire.

Clément Laissez-moi vous parler des arbres des bords de Loire • Les aulnes sont des arbres d’Europe que l’on trouve dans les lieux humides • Les acacias sont des arbres épineux à fleurs généralement persistantes et blanches • L’églantier est quant à lui un Rosier sauvage • Le thuya est un arbre qui produit des fruits en forme de cône et dont le feuillage est très persistant • Dans la prochaine lecture, vous entendrez aussi parler des baies noires d’un vieux sureau, le sureau est une sorte d’arbuste.

Mahaut J’ai quant à moi, 2 précisions à vous apporter : • A la queue-leu-leu : est une expression française qui signifie : en file indienne, l’un derrière l’autre, comme des loups en marche • On parle aussi d’ornières dans ce texte, une ornière est une trace creusée dans un chemin par les roues d’un véhicule.

Clément Avant de vous laisser le plaisir d’écouter ce texte écrit par la fille de l’Académicien, Sylvie Genevoix, je rajouterais que "Bestiaires", "Jeux de glace", "Trente mille jours" sont les titres de plusieurs livres autobiographiques que son père a écrits.

Sylvie Genevoix a écrit :«  Aujourd’hui encore, quand on suit à la queue-leu-leu le sentier qui longe la Loire, un simple passage, plein d’ornières et de racines, qui serpente entre aulnes, acacias, églantiers, herbes et orties, quand au faîte d’une petite montée on découvre soudain les Vernelles derrière sa haie de thuyas, on comprend pourquoi mon père a eu vraiment l’impression qu’elles venaient à sa rencontre ; et en quelque sorte, elles lui faisaient signe.

Sylvie Genevoix, fille unique de Maurice Genevoix, journaliste, productrice de télévision, responsable d'éditions, nous a quittés en 2012
Sylvie Genevoix, fille unique de Maurice Genevoix, journaliste, productrice de télévision, responsable d’éditions, nous a quittés en 2012

Plusieurs fois, dans les "Bestiaires", dans "Jeux de glace" ou "Trente mille jours", il a fait le portrait, comme on le ferait d’une femme ou d’un ami, de cette vieille maison telle qu’elle lui apparut, presque en ruine et déjà tellement séduisante que, tout de suite, il avait voulu et su qu’elle serait à lui. Avec des mots pleins d’émerveillement, il a décrit son toit de tuiles couverts de mousse, affaissé en son milieu, sa façade qui faisait « du ventre », au bord de l’écroulement, mais aussi les fleurs roses de l’églantier qui fleurissait d’un côté du vieux puits tandis que de l’autre, les baies noires d’un vieux sureau brillaient dans le soleil du matin. Et surtout, il a parlé de cette impression de bonheur intense qui émanait de ce lieu.  »

Mahaut La Fauvette babillarde : la Fauvette est un petite oiseau que Genevoix qualifie de « babillarde » c’est-à-dire de « bavarde."

Clément Un talus est un terrain en pente très inclinée.

Mahaut Les métairies sont des domaines agricoles exploités par un métayer c’est-à-dire un agriculteur.

Clément Un chatoiement : Reflet brillant et changeant.

Mahaut Je viens d’apprendre grâce à Maurice Genevoix que le « Sainfoins » est une plante à fourrage (destinée à l’alimentation du bétail ) dont les fleurs sont roses. Retrouvons les textes de Maurice Genevoix puis ceux écrits par sa fille Sylvie Genevoix.

Maurice Genevoix a écrit : « Une fauvette babillarde, dans les acacias du talus, ivre de sa propre chanson, exultait à gorge folle. J’avais envie de chanter moi aussi, à cause de la vieille maison, des chants d’oiseaux, de la lumière et de l’espace immense. Car au pied même du talus la Loire coulait. Le ciel et l’eau étaient du même bleu fleur de lin, un peu plus lumineux sur la Loire que dans le ciel. Sur l’autre rive quelques métairies, un fin clocher, un autre, rappelaient la présence des hommes ; et avec eux le chatoiement des champs, jaune des colzas, rose des sainfoins, vert soleilleux des blés grandissants ; tout cela dans l’harmonie allègre d’un printemps au seuil de l’été. »  »

Sylvie Genevoix a écrit : « Sans la Loire, et sans mon père qui en a, en quelque, fait sa Muse, les Vernelles ne seraient qu’une petite maison comme beaucoup d’autres au cœur d’un modeste hameau, encore rustique mais déjà étroitement cerné par le modernisme, dans une France aux innombrables trésors. Sans la Loire, mon père aurait probablement écrit mais n’aurait pas été ce même écrivain, profond et intimement, indissociablement lié à une nature qui lui est à la fois refuge, exemple et bonheur. Il n’aurait peut-être pas été l’homme apaisé, généreux et libre qui s’est voué à un humanisme passionné et fervent. Mais qu’importent les « si », puisque la réalité est là, celle de son œuvre, à l’image exacte de ce qu’il a été, et qu’il suffit de retrouver »

Mahaut Dans les phrases qui vont suivre, Maurice Genevoix va nous chanter son amour pour ce beau fleuve français qu’est la Loire.

Clément Les grèves, ce sont les bords d’un cours d’eau fait de sable et de gravier. Les mouilles dans une rivière, cela correspond à une dépression située entre les bancs d’alluvions, c’est-à-dire entre les dépôts laissés par un cours d’eau.

Mahaut Les ablettes sont des petits poissons d’eau douce dont les écailles sont argentées.

Clément Un maillet est un marteau à deux têtes, en bois dur.

Le jeune Maurice Genevoix
Le jeune Maurice Genevoix

Maurice Genevoix a écrit : « J’aime la Loire... Je l’aime pour la beauté dont elle comble mes yeux, pour les courbes molles de ses rives, pour les grèves ardentes que le soleil fait trembler, les grèves mauves à l’ombre des osiers, les grèves bleues sous le clair de lune, pour la vive fraîcheur des courants qui dansent sur les galets roux, pour le mystère glauque des mouilles, et pour les ablettes d’argent qui sautent près des bateaux-lavoirs... Que n’ai-je le pouvoir magnifique d’animer mes visions et rêves ! Maintes fois, maintes fois j’ai cru voir, à l’image d’un clair visage de femme, sourire le visage de la Loire. J’ai rêvé, dans un bloc de marbre blond, de hanches souples et de seins aux belles courbes. Alors, j’aurais voulu, empoignant le ciseau, le maillet, tailler fougueusement dans la pierre et voir devant mes yeux, surgir la forme de mon rêve. »

Mahaut Sylvie Genevoix dans son livre « La maison de mon Père » paru aux Editions Christian Pirot, évoque un tendre souvenir d’enfance : ses parties de pêche en complicité avec son père, sur les bords de la Loire.

Clément Harnachée, signifie mettre un harnais à un animal, particulièrement à un cheval, au sens figuré : affubler quelqu’un d’une tenue ridicule.

Mahaut Une musette en bandoulière est un sac de toile porté de l’épaule à la hanche opposée par une pièce de cuir ou de tissu.

Clément Les galets sont des pierres usées et polies par l’eau ; La périssoire est une embarcation légère manœuvrée avec une pagaie ; une touche : désigne l’action de mordre à l’hameçon, pour un poisson.

Mahaut Je ne pratique pas la pêche, mais en revanche je sais que le mot « ferrer » signifie : accrocher, attraper un poisson avec un hameçon.

Clément Et ce poisson peut être un goujon qui est un petit poisson d’eau douce.

Mahaut Et lorsque vous entendrez l’expression « inoculer un virus » vous saurez dorénavant que cela signifie au sens premier, au sens propre : Inoculer, introduire dans un organisme un germe, un virus, une toxine ; et au sens figuré : communiquer, transmettre quelque chose à quelqu’un ; dans le texte que vous allez écouter, Sylvie Genevoix utilise cette expression dans ce sens figuré : comment son père avait-il réussi à lui communiquer, à lui transmettre ce virus, cette passion de la pêche ?

Sylvie Genevoix a écrit : « Un peu plus tard, quand mon père m’a sentie à la hauteur, il a fait de moi sa complice de pêche en Loire, ou, mieux encore, son assistante, sa « petite main » préposée aux tâches les plus ingrates, ce dont je n’étais pas peu fière. Harnachée et bottée par maman, je descendais sur ses talons, cannes à l’épaule et musette en bandoulière, l’escalier de pierre très raide et un peu défoncé qui plongeait droit vers la Loire, au milieu des broussailles, à l’aplomb de la maison. Du haut du petit muret de la terrasse, maman pouvait me surveiller, me deviner en tous cas, entendre monter vers elle les échos de nos voix joyeuses. « Fais attention, Maurice ! Qu’elle n’attrape pas froid ! Et surtout, qu’elle n’aille pas dans l’eau ! ». Nous l’entendions, vaguement, mais nous n’écoutions pas, trop heureux et affairés que nous étions. Sous le couvert des arbres, les pieds un peu instables sur les plus gros galets de la grève, à moins que nous ne soyons montés dans la périssoire amarrée à un gros aulne, nous lancions le bouchon le plus loin possible et attendions, silencieux et anxieux, d’avoir une « touche ». Et hop ! Il fallait ferrer, ramener la ligne ni trop vite ni trop doucement avec, si possible, un petit goujon, une ablette argentée frétillant au bout de l’hameçon. Dans mon enfance, la Loire était encore un fleuve indompté, dangereux, parce que faussement calme et foisonnant de poissons. Comment mon père, qui avait la chasse en horreur, était-il à ce point passionné par la pêche ? Et comment m’avait-il, à ce point, inoculé le virus ? Sans doute les animaux au sang froid, aux écailles visqueuses, privés de parole, ne sont-ils pas de notre monde, et ne font-ils pas appel à notre sensibilité de mammifères terrestres… Quoi qu’il en soit, la pêche représentait pour lui, homme solitaire et libre, une sorte de recueillement, de rêverie éveillée, d’hommage rendu, une fois encore, à la Loire, « ce miroir d’eau nonchalant, cette coulée de lumière changeante » qui lui a permis d’accéder, à tout jamais, au sentiment de beauté. Aimer la Loire, c’était, pour lui, non seulement vivre à ses pieds pour la contempler sans cesse, c’était aussi la posséder toute entière, peut-être la dominer jusqu’au moindre de ses poissons et de ses herbes folles, comme on aime passionnément une femme.  »

Mahaut Une façon d’écouter la belle mélodie des textes de Maurice Genevoix de l’Académie Française serait bien évidemment de se laisser porter par la musique des mots de la langue française qu’il sait utiliser de façon précise et experte pour décrire la faune et la flore mais aussi tellement de façon tellement poétique.

Clément Dans ce passage, j’ai relevé trois mots au sujet desquels il serait bon de donner quelques explications : « peut-être sentirons-nous jusque dans nos fibres » écrit Maurice Genevoix, il s’agit là d’une expression « jusque dans nos fibres » les fibres étant des éléments primordiaux, essentiels qui constituent certaines substances, dont le corps humain ; cette expression « sentir jusque dans nos fibres, signifie que l’on va ressentir quelque chose, une émotion, une sensation au plus profond de soi.

Mahaut Clément, si je vous parle des spires des remous, vous me comprendrez ?

Clément Pas entièrement, chère Mahaut !

Mahaut L’eau d’un fleuve comme la Loire, bouge tourbillonne, est en mouvement perpétuel ; elle crée des remous qui tournent sur eux-mêmes, faisant des spires, c’est-à-dire qu’ils effectuent le tour complet d’une spirale.

Clément A moi de vous surprendre maintenant ! Connaissez-vous le mot « surgeon » ? Ce sont de jeunes pousses que l’on peut trouver au pied d’un arbre, tout comme dans notre texte, dans les profondeurs d’un fleuve comme la Loire.

Mahaut Moi je sais que les nasses d’osier sont des sortes de grands paniers que les pêcheurs déposent à certaines profondeurs du fleuve pour prendre, attraper du poisson.

Clément Ces pêcheurs attrapent aussi leurs poissons avec des filets ; pour attraper les poissons prisonniers des filets, ils halent c’est-à-dire ils tirent vers eux leurs filets sur le sable.

Maurice Genevoix a écrit : « Peut-être, enfin, comme les patients pêcheurs au long de leurs veilles nocturnes, solitaires, méditatives, sentirons-nous jusque dans nos fibres le mystère du monde fluvial, les spires des remous au soleil, leur tiède poussée, la montée des surgeons glacés venus des lointaines profondeurs, des rivières inconnues roulant et bruissant dans des ténèbres éternelles. Et puissions-nous, comme eux encore lorsqu’ils lèvent leurs nasses d’osiers, lorsque ayant halé sur le sable les mailles de leur « grand filet » ils empoignent à pleines mains et jettent dans les mannes béantes de beaux poissons fleuris de nageoires rouges, puissions-nous ravir à la Loire de beaux secrets étincelants. »

Mahaut Les martinets sont des oiseaux qui ressemblent aux hirondelles.

Clément imite le cri de la chouette Savez-vous ce que je viens de faire ?

Mahaut Il est vrai que je vous trouve assez étrange depuis ce matin...

Clément Je froue, du verbe frouer qui signifie émettre un certain sifflement par lequel on imite le cri de la chouette, pour attirer des oiseaux.

Clément Je ne vois encore aucun oiseau dans notre studio…

Maurice Genevoix a écrit : « J’emplissais mes regards de bouquets d’arbres, d’eaux calmes et d’eaux glissantes, de toits serrés et fraternels, d’horizons bleus, d’un ciel immense où commençaient à tourner, frouant, virant, les vols des martinets du soir... Entre eux et moi, personne. Personne que ma propre enfance et la pensée poignante de ma jeune mère disparue, de ce qui passe et meurt au sein des apparences et de leur trompeuse durée. »

Mahaut Le roman « Raboliot » de Maurice Genevoix connut un immense succès.

Clément "Raboliot" obtient le prix Goncourt en 1925. "Raboliot" est un roman-culte, véritable hommage à la Sologne, comme "Rémi des Rauches" l’avait été pour la Loire.

Mahaut Nous vous invitons à retrouver Maurice Genevoix dans d’autres émissions sur Canal Académie. Au revoir et à bientôt.






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