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Jean-Jacques Ampère, le littérateur polygraphe

par Jean-Paul Clément, correspondant de l’Académie de sciences morales et politiques

Le fils du scientifique Ampère, Jean-Jacques Ampère, ami fidèle de Chateaubriand, tomba sous le charme de Madame Récamier. Grand voyageur, tenant de la chaire de littérature française au Collège de France, il fut membre de deux académies, les Inscriptions et belles-lettres et la Française. Par la suite, il entretint une relation d’amitié avec Tocqueville. C’est l’itinéraire et le portrait de cet homme érudit qui marqua le XIXe siècle littéraire que Jean-Paul Clément, spécialiste de cette époque, retrace ici avec enthousiasme.


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Jean-Jacques Ampère est né en 1800 et a achevé ses jours sous le Second Empire en 1864. C'est un héritier, disait de lui Barrès. Héritier de son père, d'abord, le scientifique André-Marie Ampère, membre de l'Académie des sciences. Mais c'est vers les lettres et particulièrement vers les littératures étrangères qu'il orienta sa vie.

Le 1er janvier 1820, Ampère est présenté à Madame Récamier à l'Abbaye aux bois. Il en tombe fou amoureux. Et dans le salon de celle-ci, il croise le tout-Paris des lettres, il rencontre les grandes familles, Montmorency, La Rouchefoucauld, Bonaparte.
Ami de Chateaubriand, il n'en est pas moins proche de Mérimée. Et même de Goethe qu'il rencontre le 4 juin 1825 qui semble heureux de cette rencontre comme il le raconte à Eckermann, jugeant qu'Ampère « a placé si haut son esprit qu'il est bien au-dessus de tous les préjugés nationaux, toutes les appréhensions, toutes les idées bornées de beaucoup de ses compatriotes ; par l'esprit, c'est bien plutôt un citoyen du monde qu'un citoyen de Paris ».

Ampère se révèle bientôt un passionné de voyages. Il apprécie hautement l'Italie, puis se rend à Weimar, à Berlin, en Suède. Mais aussi en Grèce, en Asie Mineure, en Egypte et en Amérique. Ses voyages nourrissaient sa passion pour les langues et pour la littérature. Sa curiosité intellectuelle embrassait le domaine entier des lettres.

En 1842, il est élu à l'Académie des inscriptions et belles-lettres et en 1847, à l'Académie française.

Il a laissé de nombreux articles réunis sous le titre de Littératures et voyages (1833). Et des ouvrages comme Promenades en Amérique. Mais son principal ouvrage reste sa monumentale Histoire romaine à Rome (publiée par chapitres dans La Revue des Deux Mondes).

Ses idées politiques sont complexes, la Révolution de 1848 secoue son enthousiasme politique mais il reste avant tout un démocrate, un libéral, sans hostilité pour le régime de juillet.

Il avait 50 ans lorsque Madame Récamier mourut. Egaré, affecté, c'est alors qu'il contracta(...)


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