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Une histoire d’esclavage Oronoko, l’esclave royal

Le traducteur français a pris bien des libertés ! par Bertrand Galimard Flavigny

Oroonoko, or the Royal Slave, a True Story, œuvre du poète anglais Thomas Southern, fut traduit en France par Pierre-Antoine de La Place. Celui-ci prit des libertés dans son interprétation, dont le texte sortit sous le titre Oronoko, ou Le Prince nègre. Récit de cette aventure par le bibliologue Bertrand Galimard Flavigny.


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Le premier bateau négrier quitta l’Angleterre en 1562, sous les commandes de sir John Hawkins. Des milliers le suivront quittant les ports de Plymouth, de Nantes, de Liverpool, de Bordeaux, de La Rochelle… pour aller à la chasse au «bois d’ébène», auprès notamment de chefs de tribu au Bénin. De dix à douze millions d’Africains captifs arrivèrent vivants dans les colonies américaines pour y être vendus. De leur côté les Arabes ratissèrent plus encore les Africains, mais de cela on parle moins.

Dans un ouvrage récent, intitulé justement Le génocide voilé, l’anthropologue et économiste Tidiane N’Diaye rappelle que « Des millions d’Africains furent razziés, massacrés ou capturés, castrés et déportés vers le monde arabo-musulman. Cela dans des conditions inhumaines, par caravanes à travers le Sahara ou par mer, à partir des comptoirs à chair humaine de l’Afrique orientale. Telle était en réalité la première entreprise de la majorité des Arabes qui islamisaient les peuples africains, en se faisant passer pour des piliers de la foi et les modèles des croyants » (1).

On n’évoque pas plus les chrétiens razziés chez eux sur les côtes méditerranéennes par les Ottomans et surtout par les Barbaresques. Sinon, l’ouvrage emblématique contre l’esclavage, demeure dans la mémoire de chacun : La case de l’oncle Tom (Uncle Tom's Cabin, or Life among the Lowly). Composé par Harriet Beecher Stowe, il parut chez J.P. Jewett & co, à Boston, en 1852 (2 volumes, in-8) orné de 6 gravures hors-texte, et fut tiré à 5 000 exemplaires, reliés dans un cartonnage de couleur marron. Ce titre fameux n’était pas le premier à aborder l’esclavage dans un roman. Il y en eut un autre, plus ancien, qui, curieusement, en France tout au moins, tomba dans l’oubli, alors qu’il contribua à la première abolition de l’esclavage, en 1794, avec la participation de l’abbé Grégoire.

Plus d’un siècle plus tôt, en 1688, paraissait à Londres, Oroonoko, or the Royal Slave, a True Story (in-8) par Aphra Ben (1640-1689). Cet ouvrage imprimé pour William(...)


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