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François Gros, biologiste cellulaire auteur de la découverte des ARN’s messagers

Secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie des sciences
Éminent biologiste cellulaire, François Gros, de ses débuts comme simple bénévole à l’Institut Pasteur à la direction générale de ce même Institut, en passant par sa chaire au Collège de France, retrace pour nous sa carrière. Il comptait parmi ses collègues et amis dans les années 1950 Jacques Monod, François Jacob et André Lwoff. Il revient aussi sur les conseils scientifiques qu’il a pu apporter à plusieurs ministres.


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Référence : hab538
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Date de mise en ligne : 30 août 2009


François Gros secrétaire perpétuel honoraire de l'Académie des sciences
François Gros secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie des sciences

Un destin scellé par une file d’attente !

Nous sommes en 1940, en pleine Guerre mondiale. François Gros n’a alors une quinzaine d’années lorsqu’il aide plusieurs personnes à passer la frontière suisse et espagnole. Mais Paris devient de plus en plus dangereux, surtout pour lui qui cumule des actes de résistance à sa confession israélite.
Il quitte donc Paris pour Toulouse. Bac de philosophie en poche, son père lui recommande cependant d’opter pour un métier scientifique. C’est donc à la faculté de médecine que François Gros pense s’inscrire à Toulouse. Plutôt rêveur de nature, comme il le dit lui-même, il se trompe de file d’inscription et opte sans le savoir pour les sciences. Une partie de son destin est scellé.

Vivre caché à Toulouse

Même en zone libre, François Gros vit caché. Toujours recherché par la milice, il change de nom régulièrement. Les rafles ont lieu un peu partout. Il est donc nécessaire d’être discret… La famille qui accueille le jeune étudiant est haute en couleurs et a la langue bien pendue ! elle se vante en effet d’abriter chez eux plusieurs étudiants juifs ! Heureusement, ceci n’aura pas de conséquence tragique pour le jeune François Gros.

Retour à Paris après la libération

Après la libération et de retour à Paris, les difficultés financières le poussent à travailler quelque temps dans l’industrie de la pénicilline. Mais on lui fait comprendre que s’il est un excellent scientifique, les applications en revanche ne sont pas son fort !
Il se rend alors à Pasteur pour décrocher un stage. Après de multiples rencontres sur place, il finit par faire la connaissance de Michel Macheboeuf.
C’est lui le premier qui lui offre la possibilité de travailler sur les mécanismes des origines de l’action des antibiotiques. Nous sommes alors en 1948-49. François Gros travaille bénévolement.

Après le décès soudain de Michel Machaeboeuf, il est « recueilli » par Jacques Monod alors jeune chef de laboratoire. C’est ce dernier qui lui recommande de partir aux États-Unis, et lui obtient une bourse à l’Institut Rockefeller.

Sur place « c’est la rupture avec l’univers pasteurien » explique-t-il dans ses Mémoires. Le retour en France de François Gros coïncide avec la révolution de la pensée biologique, tant dans les applications techniques que dans la réflexion éthico-sociale contemporaine.
C’est alors que François Gros de retour aux États-Unis, intègre le laboratoire de Jacques Monod à l’Institut Pasteur où il reste pendant huit ans. Il se passionne pour les acides nucléiques et Jacques Monod lui laisse carte blanche. Il retourne entre-temps faire des recherches aux États-Unis et c’est en travaillant sur la bactérie escheridia-coli qu’il fit la découverte en 1961 un peu par hasard des ARNs messagers bactériens.
Au même moment, François Jacob et les équipes avec lesquels il travaille, font les mêmes découvertes. Ils décident de publier en commun leurs travaux.

De cette découverte découle une grande partie des recherches qui ont échelonné la carrière de François Gros. Son laboratoire est par exemple le premier à mettre en évidence les facteurs protéiques qui assurent le démarrage correct de la "lecture" des messagers par les ribosomes et s’est intéressé pendant plusieurs années aux étapes biochimiques de la traduction génétique.
Il travaille aussi à l’étude de la cybernétique des gènes au cours du développement en l’appréhendant au niveau des modèles simplifiés puis à celui des organismes supérieurs.
De 1964 à 1968, François Gros devient entre-temps chef de service de l’Institut de biologie et de physicochimie. L’année 1968 correspond à l’ouverture de la chaire de biologie cellulaire à la Sorbonne qu’il est le premier à occuper. Il y donnera régulièrement des cours jusqu’en 1973, date à laquelle il entre au Collège de France (où il y restera jusqu’en 1996).
Parallèlement à son enseignement, il devient Directeur de l’Institut Pasteur, lui qui avait débuté au bas de l’échelle.

Les activités de conseiller

François Gros devient le conseiller scientifique de François Mitterrand, alors en campagne en 1981. Il accepte après l’élection présidentielle, de conseiller Pierre Mauroy, alors Premier ministre de 1981 à 1984. Ainsi écrit François Jacob dans son ouvrage Mémoires scientifiques : un demi-siècle de sciences : « Pierre Mauroy qui est un homme très honnête, un politicien remarquable et un excellent maire, ne comprenait pas vraiment à quoi servait la recherche. En étudiant de près ses discours, j’avais constaté que le mot “ recherche ” n’y apparaissait jamais. Je lui en ai fait la remarque et il m’a donné raison. Sur proposition de Pierre Royer, de François Jacob et de moi (proposition qui datait de l’époque giscardienne), il y a eu la création d’un Ministère de la Recherche et de la Technologie. Il s’agissait de démythifier les relations entre la recherche et l’industrie (jusqu’alors très mal vues). » Il conseillera par la suite Laurent Fabius, qui succéda à Pierre Mauroy en 1984.

De l’intérêt pour la méta génomique

Aujourd’hui François Gros garde toujours un pied dans la biologie cellulaire. Il s’intéresse à la biodivesrité au sens moderne ; plus exactement à la « méta génomique ». « Il s’agit d’étudier toute une population très compliquée dans des échantillons de sol, de fonds marins, ou encore dans la panse des mammifères. C’est absolument passionnant. On découvre de nouvelles espèces microbiennes. » Ecoutez les explications détaillées du professeur François Gros, secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie des sciences.

En savoir plus :

- François Gros Secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie des sciences

François Gros, Mémoires scientifiques : un demi-siècle de biologie, éditions Odile Jacob, 2003






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