Le Club

Découvrez le club Canal Académie et créez votre compte dès maintenant pour profiter des avantages, des exclusivités, des services...

Découvrir le Club

Nez de cuir, de Jean de La Varende : comme une devise !

La chronique Le bibliologue de Bertrand Galimard Flavigny

Nez de cuir ! Le héros masqué de ce livre, le plus célèbre de Jean de La Varende, inspira grandement son auteur, qui le fit réapparaître dans plusieurs de ses romans. Mais qui fut réellement "Nez de cuir", cet insatiable séducteur dissimulant ses blessures de guerre sous un masque ? D’où vint à l’écrivain dix-neuvièmiste l’idée de cet intrigant personnage d’un autre temps ? Voici, entre autres, l’une des questions que résout Bertrand Galimard Flavigny dans sa chronique Le biliologue, consacrée à Nez de cuir, Gentilhomme d’amour.


Bookmark and Share

«Dans cette chronique, il y aura quelque chose d’indéniable, c’est un amalgame de souvenirs qui en soi aura sa rareté, puisque les conteurs qui retraçaient avec tant de naïf talent leurs époques, et que j’ai entendus comme enfant avec un tel intérêt, ne sont plus. L’anecdote est défunte et, en somme, un livre comme celui-ci est une modeste, mais sûre contribution historique », devait écrire à propos de son premier roman, Nez de cuir, Jean de La Varende (1887-1959).

Ce titre sonne comme une devise et intrigue.

La Varende ! S’en souvient-on ? Un personnage qui occupa la scène littéraire à partir 1934 à l’âge de quarante-cinq ans. Il avait tout écrit ou presque, en puisant dans les caisses d’archives reléguées dans les combles de sa demeure familiale au Chamblac, en Normandie ; en écoutant ses « anciens » lui raconter la vie de plus anciens encore. Il les appelait les « historiens sociaux ». « En fait, confia-t-il, dans son journal, cette vocation de conteur, sans aucun artifice, je la dois aux ancêtres et surtout à Nez de cuir ».

Justement Nez de cuir au sous-titre évocateur, «gentilhomme d'amour», est inspiré de son grand oncle, Achille Perier de la Genevraye. Il lui donna le nom à peine déguisé de Roger de Tinchebray. Celui-ci revint des guerres de l’Empire, le visage fracassé. Pour se rassurer, il séduisit, sans cesse ; pas une femme ne devait lui échapper. « J'ai perdu mon âme, avouait le personnage, je ne suis qu'un corps et, en perdant mon âme, j'ai perdu celle des autres. »

Nez de cuir, Gentilhomme d'amour a été publié à Rouen par Maugard en 1936 ( in-4). Il est illustré par la carte du Pays d’Ouche d’après La Varende lui-même. À sa sortie, le titre monta à cent vingt mille exemplaires, et frôla le Goncourt, dit-on. Les uns disent qu’il n’obtint en fait que trois voix, d’autres qu’il lui manqua deux voix. Il est demeuré le roman le plus(...)


© Canal Académie - Tous droits réservés

Notez cette émission :

Pour poursuivre la lecture de cet article et écouter cette émission,
devenez membre du Club pour 25€ par an seulement ! abonnez-vous ici Déjà abonné ? identifiez-vous

Commentaires