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Max Gallo : 1940, de l’abîme à l’espérance

Entretien avec Jacques Paugam sur l’année la plus pénible de notre histoire.

L’historien et romancier Max Gallo, de l’Académie française, présente ici, à l’occasion du 70e anniversaire de la Débâcle, son dernier ouvrage consacré à l’Année terrible 1940 : douze mois décisifs, douloureux et finalement méconnus, de la « drôle de guerre » à « l’étrange défaite », puis « de l’abîme à l’espérance », avec à la clé un récit révélateur et sans fioritures. Il est l’invité de Jacques Paugam.


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Avec 1940, de l’abîme à l’espérance (Éditions XO), la plume sobre et vibrante de Max Gallo s’attaque à ce qui a peut-être été l’année la plus pénible de notre histoire.

Cramponnée à un pacifisme forcené, stigmate des traumas de la Première Guerre mondiale, la France ne voulait pas de la guerre. Elle lui est tombée dessus par la force de l’Histoire, de façon étrange d’abord, avec ces mois d’attente interminable qui suivent la déclaration de guerre, traquenard d’Adolf Hitler pour assoupir les Alliés ; puis de la façon la plus brutale qui soit, en plein mois de mai, avec la « guerre-éclair » qui met à genoux une des premières armées du monde en l’espace de six semaines.

Contrairement à une idée reçue, le matériel a été abondant, de qualité, les soldats souvent héroïques et la lutte brève mais acharnée : 30 000 morts côté allemand, presque 100 000 côté français, ce n’est pas ce qu’on peut appeler une promenade de santé. Mais l’État-major n’est plus de ce temps. Gamelin (67 ans), Weygand (73 ans), sans parler de Pétain (84 ans) sont des hommes du XIXe siècle ; or, on n’est plus face aux « boches », mais face aux nazis ; on n’est plus face à Guillaume II, mais face à Hitler ; et la forêt des Ardennes n’est pas infranchissable. On ne veut pas croire les pilotes de reconnaissance qui aperçoivent, sur des dizaines de kilomètres, foncer les panzerdivisions sur la route et les stukas dans les airs.

Tout s’enchaîne à une vitesse inouïe. Trois jours seulement après le lancement de la Bataille de France, Sedan tombe aux mains ennemies (13 mai), événement symbolique s’il en est dans la longue rivalité franco-allemande. Le 14 juin, Paris, vidé de sa population, capitule sans combattre pour éviter la destruction. Le 16, le président du conseil Paul Reynaud démissionne. Le 17, la voix chevrotante de Philippe Pétain résonne dans les TSF : « C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser les combats ». Les soldats le prennent au mot. Dès lors, l’armistice du 22 juin, cérémonial soigneusement organisé par Hitler au même endroit que celui de 1918, n’est plus qu’une formalité.

Le 10 juillet, la IIIe République s’effondre définitivement : « Liberté,(...)


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