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L’Essentiel avec... Marc Fumaroli, de l’Académie française et de l’Académie des Inscriptions et belles-lettres

L’essayiste et historien va à l’essentiel avec Jacques Paugam

Marc Fumaroli, membre de l’Académie française depuis 1995, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres depuis 1998 et professeur au Collège de France, semble estimer que c’est presque par hasard qu’il est parvenu au sommet des distinctions intellectuelles françaises. Mais le destin est souvent facilité par le talent et la curiosité ; des vertus qui trouvent à nouveau leur preuve dans cet entretien avec Jacques Paugam, dans le cadre de sa rubrique « L’Essentiel avec... »


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1 - Dans votre itinéraire, votre carrière, quel a été à vos yeux le moment essentiel ?

Marc Fumaroli dit ne pas vouloir affubler du terme de "carrière" ce qu’il présente humblement comme une suite de hasards saisis au fil de sa passion, l’enseignement.

« Étant un naïf, j’ai suivi ma vocation. J’ai fait ce qu’il fallait pour enseigner, pour changer de lieu au moment où les choses se décidaient ainsi, je me suis fait connaître sans le chercher, j’ai publié, et de fil en aiguille je me suis retrouvé, à ma grande stupeur, d’abord à la Sorbonne, puis au Collège de France. Quant à l’Académie française c’était encore plus stupéfiant. Il faut croire qu’à force d’avoir des modèles et de les imiter, on finit par leur ressembler ! »

Élevé à Fès, Marc Fumaroli était un enfant inhabituel, qui à 12 ans riait en lisant Molière et était volontiers bouleversé par Corneille. Ces lectures développent très tôt chez lui une passion pour les XVIe-XVIIe siècles. Une capacité à vivre mentalement dans plusieurs époques à la fois qu’il n’a eu de cesse de cultiver, entretenant du même coup un salvateur recul et une forme de sagesse sans que la modernité le rebute.

« C’est plutôt la confusion faite entre "moderne" et "contemporain" [qui me gêne]. Je comprends qu’on soit moderne, c’est-à-dire en conflit contre les conventions, contre ce qui est desséché ; le moderne, c’est la volonté de surprendre, de découvrir quelque chose d’inédit. Mais de là à confondre, de là à prétendre que les choses contemporaines ont par définition une valeur, c’est supprimer tout jugement de valeur et renoncer d’avance à établir une hiérarchie entre ce qui vaut la peine et ce qui n’en vaut pas, ce qui est nourrissant ou desséchant. »

2 - Dans le domaine d’activité qui est le vôtre, qu’est-ce qui vous paraît essentiel à dire ?

« Le XVIIe siècle mène à tout, à condition d'en sortir ».

Une rare modestie

«(...)


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