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Les lettres de cachet, une légende noire

Claude Quétel, auteur de la Véritable histoire de la Bastille est l’invité de Christophe Dickès.

Primé par l’Académie des Sciences morales et politiques pour son ouvrage sur la Bastille, Claude Quétel s’attaque à un autre mythe de l’Ancien Régime : la lettre de cachet. Dans une étude fouillée, il dévoile la réalité de cette procédure, longtemps considérée comme le symbole de l’arbitraire royal. Une idée reçue démentie par les faits...


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Souvenez-vous de vos cours d’Histoire de classe de seconde. Nous sommes au crépuscule de la monarchie française et dans la grande table rase que constitue la Révolution française, les lettres de cachet, symbole du pouvoir royal, sont abolies au même titre que les privilèges, la religion d’Etat ou bien encore la couronne royale… La lettre de cachet était écrite par le roi ou au nom du roi. Elle signifiait la volonté du souverain de condamner une personne à l’exil ou à l’emprisonnement. La lettre de cachet reste dans nos mémoires comme le symbole de l’arbitraire, un « instrument de répression à la fois injuste et aveugle, frappant comme la foudre des victimes stupéfaites. » Un verbe fut même créé pour désigner ce type d’emprisonnement : embastiller. Or chacun sait qu’il n’y avait pas 10 personnes dans la dite prison un certain 14 juillet 1789…

Un jour dans l'Histoire vous propose au cours de cette émission de faire la part du mythe et de la réalité sur une procédure qui, contrairement aux idées reçues, était non seulement acceptée par la population mais aussi largement désirée par celle-ci. D’ailleurs, le grand Voltaire lui-même ne l’a-t-il pas utilisée alors qu’il la critiqua par ailleurs ? En effet, Quétel exhume pour nous ce texte peu connu: « À monsieur Hérault, conseiller d’Etat, lieutenant général de la police, remontrent les habitants du haut de la rue de Vaugirard, près de la porte Saint-Michel, que la nommée Travers, déjà mise une fois à l’hôpital, continue à donner un scandale public, poussée aux derniers excès, s’enivrant tous les jours, battant ses voisines, jurant le nom de Dieu qu’elle mêle aux paroles les plus infâmes, se découvrant toute nue et montrant ce que la pudeur ne permet pas de nommer, menaçant de mettre le feu aux maisons voisines, et tenant tout le quartier dans une alarme perpétuelle. Lesdits habitants espèrent de votre justice que vous daignerez mettre ordre à ce scandale. Signé : Hodar, Nicaise, Voltaire… »

Quand apparaissent donc les lettres de cachet ? Quelle furent leur place dans la société d’Ancien Régime? Dans quelles circonstances étaient-elles utilisées et quel était le sort des prisonniers et autres embastillés ? Des questions auxquelles l'historien Claude Quétel répond au cours(...)


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